JO de Pyeongchang, un gouffre financier ?

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Alors que les Jeux Olympiques d’hiver de Pyeongchang font déjà partie des plus chers de l'histoire, la facture finale devrait dépasser le budget prévisionnel.

Une enveloppe rarement respectée

Le coût des JO d’Hiver, se déroulant en Corée du Sud du 9 au 25 février, aurait déjà dépassé le seuil des 10 milliards d’euros, ce qui en fait les troisièmes jeux d’hiver les plus onéreux derrière Sotchi et Turin. Le montant final de la facture ne devrait cependant pas battre le record des jeux de Sotchi en 2014, qui ont coûté plus de 36 milliards d’euros.

Il n’est pas étonnant de voir que l'enveloppe n'était pas suffisante tant le pays a investi dans les infrastructures pour être l’hôte des compétitions de 2018. Déjà candidate en 2010 et 2014, la Corée du Sud a mis la main à la poche pour construire un Stade Olympique qui ne servira que 4 fois (pour 83,7 millions d’euros) et des réseaux ferroviaires et routiers entre Séoul et Pyeongchang (pour 8,4 milliards d’euros).

D’ailleurs, les coréens sont loin d’être les seuls à dépenser plus que prévu. Les jeux de Turin avaient dépassé la somme initiale de 10 milliards d'euros et ceux de Sotchi de près de 28 milliards d'euros. Seuls les Jeux d’été de Los Angeles en 1984 ont respecté le budget fixé.

Il n’y a pas de projet concret pour l’après Jeux

L'avenir des sites olympiques est encore une question épineuse à laquelle devront répondre les autorités coréennes. Les provinces de Gangwon et Gangneung, où se déroulent les épreuves, sont assez éloignées des zones peuplées et rassemblent peu de licenciés de sports d’hiver. Par ailleurs, Gangwon est l’une des régions les plus pauvres du pays et ne pourrait pas être en mesure d’assurer l’entretien des patinoires qui couterait 10 millions par an. On craint également que la station de Pyeongchang ne finisse par devenir une station fantôme, comme celle de Heu-Ri, fermée en 2006.

Ce problème inquiète particulièrement le Comité international Olympique. La présidente de la coordination du CIO, Gunilla Lindberg a ainsi mis l’accent sur la nécessité de rendre les sites olympiques pérennes et d’éviter de faire crouler Pyeongchang sous les dettes, comme Athènes en 2004 ou Rio en 2016.

Un investissement à long terme

Si les équipements sportifs sont un investissement peu rentable, les réseaux de communications déployés pour l’événement seront quant à eux bénéfiques au territoire. Le TGV notamment devrait contribuer au développement économique de la région. La Corée évalue de potentielles retombées économiques de l’ordre de 40 milliards d'euros.

Historiquement, des sites ont déjà profité des JO pour s’enrichir, comme Albertville en 1992 ou Nagano (Japon) en 1998. Or, ces villes étaient déjà réputées pour être déjà bien équipées pour accueillir des épreuves de sport d'hiver, contrairement à Sotchi, dont les infrastructures sont maintenant abandonnées.