Pourquoi l'Ile-de-France est si peu préparée à affronter la neige ?

Le contenu de cette page est optimisée pour un chargement ultra-rapide via Google Amp. Pour accéder au site mobile, cliquez-ici

Entre le 5 et le 7 Février, il a neigé entre 15 et 20cm de neige en Ile de France. Routes bloquées, transports interrompus, il est impossible pour de nombreux franciliens de se rendre à leur travail. Pourquoi ces épisodes de neige bloquent-ils l’Ile de France?

Un grand plan contre la neige ne serait pas rentable

Pour déneiger les routes fréquemment empruntées et les centres-villes, l’Etat et les collectivités locales auraient besoin de centaines de chasse-neige, qui coutent entre 50 000 et 100 000 euros l’unité. Il ne serait pas rentable pour le gouvernement de se procurer de tels engins qui ne serait utilisés que 10 jours par an, si tant est qu’il neige suffisamment pour que l’on en ait besoin. Les tombées de neige étaient plutôt faibles ces dernières années et ne nécessitaient pas une telle organisation. Par ailleurs, il faut aussi employer un personnel 24 heures sur 24, ce qui rajoute un coût supplémentaire à l’entreprise.

L’Etat fait avec les moyens du bord

Les services de la voirie se servent des camions qui transportent habituellement du gravier ou des branchages et les équipent de lames de déneigement et de mécanismes pour projeter du sel sur la chaussée. La ministre des transports a ainsi annoncé avoir mobilisé dans la nuit de mardi à mercredi 70 saleuses, 750 camions équipés de lames et de saleuses et 6 000 agents pour intervenir sur les axes gérés par l’Etat. En moyenne, ce sont entre 100000 et 200000 tonnes de sel qui sont déversés sur les routes chaque année.

En cas de situation exceptionnelle comme en 2012, l’Etat peut faire appel à l’armée pour dégager la route et tracter les véhicules bloqués. Les 1500 à 2000 utilisateurs bloqués sur la N118 pendant près de 20h déplorent que ce n’ait pas été le cas cette année.

Un manque d’organisation?

La communication a été défaillante ces derniers jours, notamment quant aux transports en commun. Certains conducteurs se sont alors plaints d’un manque de préparation de la part de l’Etat. Or, le problème n’est pas d’anticiper la neige, puisque les prévisions météorologiques annonçaient deux semaines à l’avance de telles perturbations, mais de savoir quels moyens on veut mettre à disposition pour protéger les usagers.

Par ailleurs, de nombreuses comparaisons sont faites sur les réseaux sociaux avec les pays nordiques qui ont l’habitude de gérer les grands froids hivernaux. Mais contrairement à ce que l’on pense, la France n’est pas la seule à entrer en plein chaos dans de telles situations. Sur Facebook, l’écologiste et conseiller régional d’Ile de France Pierre Serne a ainsi recensé des bouchons et des interruptions des transports en commun en Suède, au Canada ou en Allemagne pour des cas de neige et de verglas.