SMIC : vers la fin de la revalorisation systématique ?

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Sur les 27 des 35 pays de l'OCDE ayant un salaire minimum, la France fait partie des 4 pays ayant opté pour une revalorisation automatique. Au grand dam d’un groupe d’experts indépendants, qui préconisent de mettre un terme à cette revalorisation automatique annuelle.   

 

Ne plus revaloriser systématiquement le SMIC

Au 1er janvier 2018, le SMIC devrait augmenter de 1,1 %. Non grâce à une quelconque volonté politique de donner un coup de pouce financier aux salariés les plus modestes, mais parce que la revalorisation est automatique (indexée sur l'inflation des ménages du premier quintile augmentée de la moitié du gain de pouvoir d'achat du salaire horaire moyen des ouvriers et des employés). L’an dernier, le SMIC avait augmenté ainsi de 0,93 %.

Las, un groupe d’experts indépendants vient de sortir un rapport explosif, dont Les Echos publient en exclusivité les conclusions principales. Ils proposent purement et simplement d’abandonner cette formule de revalorisation systématique.

Le gouvernement suivra-t-il cet avis ? Pour l’heure, aucun de ses membres n’a souhaité se prononcer sur cette question délicate. 

"Inacceptable", pour la CGT

En attendant, la perspective que le SMIC ne soit plus revalorisé automatiquement au 1er janvier de chaque année fait bondir les syndicats. Ainsi la CGT déclare au Monde qu’elle trouverait cela « inacceptable ». « Il s’agirait d’en faire une variable d’ajustement pour tirer les salaires vers le bas », dénonce Fabrice Angei, membre du bureau confédéral. Pour lui, « le smic est une question sociale et éminemment politique, et non une question technique portée par un groupe d’experts qui doivent servir d’habillage politique ».

Même son de cloche du côté de la CFE-CGC. « C’est toujours plus pour les actionnaires et toujours moins pour les salariés », s’indigne François Hommeril, son président.

Le SMIC brut ou salaire minimum interprofessionnel de croissance est le salaire horaire en dessous duquel l'employeur n'a pas le droit de descendre pour rémunérer un salarié et ce, quelle que soit la forme de sa rémunération. Le SMIC assure à près de 10,5 % des salariés français dont les salaires sont les plus faibles, la garantie de leur pouvoir d'achat. Il a succédé en 1970 au Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG), instauré en 1950, afin de relancer la consommation et lutter contre la pauvreté.