Travailleurs indépendants : des revenus disparates

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Le rapport de l’Insee sur les revenus des non-salariés en 2015, publié le 13 février 2018, fait l’état des lieux des disparités de revenus entre ces 2,7 millions de travailleurs.

Des écarts en moyenne plus importants que chez les salariés

D’après l’étude de l’Insee, en 2015, le nombre de non-salariés en France a augmenté de 0,7% pour s’élever à 2,7 millions de personnes. Pour 9 indépendants sur 10, cette activité est leur source de revenu principal. Dans l’ensemble, leurs revenus ont augmenté de 2,5% par rapport à 2014, plus rapidement pour les micro-entrepreneurs (6,1 % en moyenne) que pour les gérants majoritaires de sociétés (1,7 %). Cependant, ces tendances ne suffisent pas à cacher les différences de revenus encore énormes entre les indépendants.

L’enquête a établi un gain moyen de 3340 euros par mois. Mais il peut s’échelonner de moins de 480 euros pour les 10 % plus bas à plus de 7960 euros pour les 10 % plus élevés (médecins, comptables, juristes, pharmaciens), soit un bénéfice environ 16 fois supérieur. Si l’on agrandit cette fourchette, un quart des non-salariés touche moins de 1100 euros mensuels, tandis que le quart le plus haut gagne environ 4 fois plus. La moitié des non-salariés a ainsi un revenu de 1000 euros moins élevé que le revenu moyen.

Or, ces écarts de salaires semblent bien supérieurs à ceux des salariés du privé, dont la tranche la plus haute perçoit deux fois moins que celle des non-salariés.

A secteur égal, une femme touche un tiers de moins qu'un homme

La part des femmes chez les indépendants augmentent ces dernières années, même si elles ne représentent que 36% des non-salariés. Elles s'orientent plutôt vers les métiers les plus qualifiés, comme les médecins, les professions du droit, les architectes ainsi que dans des secteurs de micro-entreprenariat comme l'industrie d'habillement, les services administratifs et de soutien ou l'enseignement.

Cependant, malgré un choix de métier rémunérateur, les femmes non-salariées gagnent en moyenne 22% de moins que les hommes en 2015 (2 280 euros contre 3 610 euros). Si elles avaient choisi les mêmes métiers et les mêmes secteurs que les hommes, elles percevraient en moyenne 33% de moins qu'eux. D'après l'étude, cette différence peut en partie être expliquée par une volume de travail et une taille moyenne des entreprises dirigées moins importantes. Toutefois, cet écart semble se réduire au fil des années; le revenu des femmes a en effet augmenté de 0,8% de plus que celui des hommes entre 2014 et 2015.