Et si Apple devenait… une banque ? #Best-of
200 millions de clients d'Apple lui ont confié leurs coordonnées bancaires pour pouvoir acheter de la musique, des films et des applications. cc/Flickr/originalgoest

Qu'Apple se lance dans les services financiers (pour ne pas dire "lance une banque", ce qui exigerait de proposer autre chose qu'une solution de paiement) n’a rien d’absurde, loin s’en faut. Bien avant qu’Amazon ne s’y mette aussi, Apple détenait déjà les coordonnées bancaires de millions de ses clients et allait se servir directement et quasi automatiquement sur leur compte quand ceux-ci consommaient un bien ou un service. Vous en doutez ? Pourtant, depuis 2003 et le lancement de l’Itunes Store, près de 200 millions d’amateurs de musique, et désormais de films et d’applications, ont confié leur numéro de carte bancaire à Apple, et l’autorisent à prélever le montant de leurs achats directement dessus. Y compris pour acquérir un iPhone / iMac / MacBook. De plus en plus souvent avec la fonction « One Click Â» qui permet de valider le paiement en cliquant sur un bouton, une fois identifié. Pratique.

 


Or, quand on sait que le e-commerce pèse désormais plus de 5 % en France, et plus encore aux Etats-Unis, mais surtout qu’on lui prédit 20 % du marché en 2020, il n’y aurait rien d’absurde à ce qu’un constructeur informatique propose son service de paiement sécurisé. D’autant plus facilement qu’Apple, à l’exception de tous les autres, est à la fois du côté du soft (le logiciel qui fait fonctionner ses ordinateurs) que du hard (l’ordinateur en lui-même), ce qui permet d’envisager bien des solutions techniques innovantes pour accroitre encore la sécurité.

 


Mais ce n’est pas du côté de l’ordinateur qu’Apple pourrait nous surprendre.  Comme toujours avec Apple, des précurseurs existent pour le paiement sans contact, avec des pass dédiés (comme le pass Navigo en Ile-de-France qui permet de payer dans les transports) ou des téléphones prééquipés de puces NFC (souvent des téléphones Android), la technologie de référence du sans contact. Sauf que, sauf que, comme toujours avant Apple, cela tire dans tous les sens, rien n'est compatible, et rares sont les commerçants à être équipés. En fait, il n'y en a pas, sauf dans quelques villes test comme à Nice ou Issy-Les-Moulineaux, pour la France.

 

 

Si en revanche, Apple arrive à faire adopter largement Passbook, sa solution de paiement intégrée à iOs 6, le logiciel des iPhone lancé en septembre et déja installé sur les trois-quarts des téléphones... Avec Passbook, couplé demain au compte iTunes de son propriétaire, obligatoire pour pouvoir activer le téléphone et accessoirement pouvoir y installer des applications ou télécharger de la musique, le paiement depuis son mobile (iPhone donc) pourrait devenir aussi banal que l’envoi d’un SMS… et par extension, sur ordinateur, les cyber-achats, d’ailleurs même sans posséder de Mac. Un iPhone suffirait.

 

 

Si vous ajoutez à cela la dimension identitaire forte de pouvoir payer avec un outil marqué de la pomme, nettement plus classe qu’une carte bleue à l’enseigne d’un supermarché… il n’y a qu’un pas pour imaginer que la prochaine révolution que nous prépare Apple, bien plus qu’une Apple TV ou un iPhone 5s, c’est bien de changer une fois de plus nos vies en les simplifiant avec le paiement sans contact, qui n’en finit pas de tenter de sortir des limbes.

Jean-Baptiste Giraud est le fondateur et directeur de la rédaction d'Economie Matin. Il a commencé sa carrière comme journaliste reporter à Radio France pendant 2 ans, puis comme reporter, matinalier et intervieweur à BFM pendant 9 ans, avant de fonder Economie Matin en 2004 puis de le céder à un fonds d'investissement espagnol en 2007. Après avoir créé plusieurs entreprises (Versailles Events, Versailles+Les Editions Digitales), il a participé en 2010/2011 au lancement du pure player Atlantico.fr, dont il était rédacteur en chef, avant de relancer en 2012 Economie Matin sur Internet et sur mobile.

 

Il est également l'auteur de nombreux ouvrages, dont "Combien ça coute, combien ça rapporte" (Eyrolles), "Les grands esprits ont toujours tort", "Pourquoi les rayures ont-elles des zèbres", "Pourquoi les bois ont-ils des cerfs", "Histoires bêtes" (Editions du Moment) et "le Guide des bécébranchés" (L'Archipel).


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