Pourquoi les « fameux AAA » disparaitront demain
Il ne reste que 12 pays notés AAA par les trois agences de notation cc/Flickr/Gabriel Madrigal Photography

Le rating est devenu brutalement depuis quelques mois un sujet médiatico-politique ! Quelle surprise, quel étonnement et quels regrets pour votre serviteur qui a écrit un livre sur ce sujet en 1995... A 16 ans d’intervalle, j’ai donc raté un succès de librairie alors que rien n’est plus aride qu’une tribune ou un livre sur le rating ou la notation financière si l’on veut échapper à la sémantique anglo-saxonne...

 

Alors pourquoi une telle effervescence et une telle agitation sur ce fameux rating ? Bien sûr, il n aura pas échappé à votre sagacité que le rating a été brutalement «googleïsé» par la dégradation brutale mais normale des Etats-Unis par Standard and Poor’s en aout 2011. Normale... car ne plus attribuer la note maximale à un pays dont l’endettement s’est accéléré depuis 2008 pour atteindre près de 15 000 milliards de dollars (soit 100% de leur PIB..), dont le chômage a dépassé pour la première fois la barre symbolique des 10% de chômeurs et dont le clivage politique entre républicains et démocrates est insupportable en ces temps troubles et agités... n’est pas choquant et semble même assez logique. Cependant, que Standard and Poor’s, agence de notation américaine, franchisse le pas et dégrade son pays d’origine était une décision murement réfléchie qui ouvrait inévitablement la porte à d’autres dégradations.

 

Car ipso facto, le problème du maintien des notations des pays européens était ainsi posé. Est-ce anormal alors que sur les 12 pays notés AAA par les 3 agences de notations (je rappelle au passage à ce jour que les Etats-Unis sont toujours AAA pour Moody’s et Fitch...), 10 sont européens et seulement 2 « non européens » (les heureux élus étant Singapour et le Canada..) ? Est-ce illogique alors que le dogme qu’un Etat européen ne pouvait faire faillite est tombé avec la Grèce ? Est-ce surprenant alors que le monde occidental est confronté à une succession de crise économique et financière d’une ampleur jamais connue depuis 1945 ? Et simplement, alors que le centre de gravité du monde économique s’est déplacé vers l’Asie principalement, est-il inacceptable pour nous européens que notre influence soit plus faible et qu’il nous faille composer avec des puissances émergentes ? Car une dégradation des pays européens demain ne ferait que traduire cette évolution inexorable !

 

Gardons raison et ne faisons pas du rating un instrument politique. Les Etats-Unis ont été dégradés il y a un an, le Japon aussi (sans que personne ne s’en émeuve par ailleurs...), la France aujourd'hui, et demain tous les pays européens le seront aussi : j’en suis convaincu... Et comme disent les anglo saxons..so what !! La Chine est AA- comme le Qatar par exemple alors que ces deux pays contribuent au renflouement de nombreux Etats : le Brésil est aussi BBB...

 

 

Ma conviction est que bientôt les « fameux AAA » seront une espèce disparue et notons que la dernière banque européenne notée AAA, Rabobank, a perdu ce précieux sésame il y a quelques mois dans l’indifférence générale... Evitons par conséquent les psychodrames sur une dégradation de la France symptôme avancé de son déclin irreversible annoncé par nos oracles habituels. Et si les marchés ont parfois tort, ils ont aussi quelques fois raison... Regardez les conditions de refinancement de pays notés par exemple AA et vous constaterez qu’ils peuvent obtenir des niveaux de taux équivalents et même inférieurs à des pays notés AAA... Et les Etats-Unis n’ont aucune difficulté à lever des ressources financières à des conditions de taux attractives depuis leur dégradation du mois d’aout 2011.

 

De facto, le seul changement majeur, est que les pays comme les entreprises, au-delà de leurs notations, paieront plus cher leurs ressources car dorénavant, une prime de risque plus élevée est intégrée par les investisseurs. Et nos économistes et mathématiciens vont être contraints de revoir leurs modèles économiques qui intègrent dans leurs équations «le taux sans risque». Naguère, ils prenaient comme référence les Etats mais demain ? 

Daniel Karyotis est le président de la banque Palatine depuis 2007. Homme d'affaires, il a également publié deux ouvrages, la notation financière (1995) et la France qui entreprend (2011).


Ecoquick

Prev Next

Vivez la lutte d'un ouvrier d'Arcelor Mittal dans un jeu vid…

Si vous vous êtes toujours demandé ce que pouvait ressentir un ouvrier d'Arcelor Mittal, en pleine lutte pour la sauvegarde de son empl... Lire la suite

Le chanteur Justin Bieber pourrait jouer dans le prochain St…

Une nouvelle qui n'est pour l'instant qu'une rumeur, mais si cela se confirmait, elle pourrait bien révolutionner Star Wars, depuis le ... Lire la suite

Plus de 8 000 foyers ont payé plus de 100% d'impôts en 2012

8 010 foyers ont payé plus de 100% d'impôts en 2012, annonce ce mardi 21 mai Les Echos. Selon les données transmises au président de la... Lire la suite

CAC40 €4,023.86 ▼12.32 (-0.31%)
DowJones 15,410.60 ▲23.02 (0.15%)
Nikkei ¥15,627.26 ▲246.24 (1.60%)
INDEXEURO:PX1

CAC40

Company ID [INDEXEURO:PX1] Last trade:€4,023.86 Trade time:3:22PM GMT+2 Value change:▼12.32 (-0.31%)
INDEXDJX:.DJI

DowJones

Company ID [INDEXDJX:.DJI] Last trade:15,410.60 Trade time:9:37AM EDT Value change:▲23.02 (0.15%)
INDEXNIKKEI:NI225

Nikkei

Company ID [INDEXNIKKEI:NI225] Last trade:¥15,627.26 Trade time:3:28PM GMT+9 Value change:▲246.24 (1.60%)

Smartphone et tablette

economie matin-300x520

A la Une

Vivez la lutte d'un ouvrier d'Arcelor Mittal dans un jeu vidéo en lign…

Vivez la lutte d'un ouvrier d'Arcelor Mittal dans un jeu vidéo en ligne

Si vous vous êtes toujours demandé ce que pouvait ressentir un ouvrier d'Arcelor Mittal, en pleine lutte pour la sauvega...

lebootcamp-ban-300x150

 

AdSense