Sevrage tabagique : Trois vérités sur la cigarette électronique

18 %
18 % des utilisateurs d'un dispositif de vapotage ont pu décrocher de
la cigarette à tabac en moins d'un an.

Depuis son invention au début des années 2000, la cigarette électronique n'a jamais vraiment quitté le débat public. Pour ses partisans, il s'agit d'un dispositif innovant qui peut être d'une utilité précieuse dans la lutte « éternelle » contre le tabagisme, un problème de santé publique majeur. Pour ses détracteurs, l'e-cigarette est au mieux un objet récréatif, au pire un aggravateur de la dépendance à la nicotine, avec des effets négatifs sur le long-terme. Au milieu de ce marasme, il y a des faits. En voici trois sur la cigarette électronique et le vapotage, plus généralement.

#1 En France, la cigarette électronique… et pas que les vapoteurs

Selon le Baromètre du Tabagisme publié par Santé publique France, la cigarette électronique a permis à plus de 700 000 fumeurs français de décrocher durablement du tabac et de la nicotine sur un peu plus de 7 ans. C'est d'ailleurs ce qui a poussé l'Académie nationale de Médecine à promouvoir une politique du moindre mal en matière de sevrage tabagique, estimant que l'e-cigarette était moins nocive que la cigarette à tabac. En revanche, le ministère de la Santé se montre beaucoup plus prudent, puisqu'aucune circulaire ne fait état d'une éventuelle intégration de la cigarette électronique dans la politique publique de lutte contre le tabagisme. Les gouvernements successifs semblent préférer d'autres mesures comme l'augmentation du prix du paquet de cigarettes et les campagnes de sensibilisation. Notons que la France est un « bon élève » en matière de lutte contre le tabagisme. Un exploit lorsque l'on sait que l'Hexagone était encore surnommé la « cheminée de l'Europe » il y a encore deux décennies.

#2 L'impact de l'e-cigarette sur la santé sur le long terme est incertain

Aucune étude sérieuse n'a pu suivre un échantillon de vapoteurs sur plusieurs années. De même, les vapoteurs sont nombreux à fumer du tabac en parallèle, ce qui complique l'évaluation des risques sur la santé de l'e-cigarette. Si la cigarette électronique semble moins dangereuse que la cigarette à tabac sur le papier, au vu de sa composition chimique, son impact sur le long terme reste encore à définir. Rappelons que le vapotage consiste à inhaler une vapeur issue du chauffage d'un e-liquide ( du liquide pour cigarette électronique ), tandis que la cigarette classique repose sur le phénomène de combustion du tabac. Résultat : le dispositif de vapotage évite à l'utilisateur d'inhaler certaines substances toxiques et potentiellement cancérigènes comme le goudron ou encore le monoxyde de carbone, à condition d'utiliser un e-liquide affichant une traçabilité sans faille.

Pour lutter contre les e-liquides frelatés ou contenant des substances chimiques illicites, l'Agence nationale pour la sécurité des aliments, du travail et de l'environnement (ANSES) met à la disposition du grand public une base de données recensant la composition chimique de tous les produits de vapotage commercialisés en France.

#3 La cigarette électronique, plus efficace que les patchs et les gommes à la nicotine

C'est en tout ce qui ressort de plusieurs études sérieuses menées au Royaume-Uni, notamment l'essai clinique réalisé par des chercheurs de la Queen Mary University de Londres. En effet, cette étude qui a suivi le parcours de sevrage tabagique de 900 fumeurs a démontré que 18 % des utilisateurs d'un dispositif de vapotage ont pu décrocher de la cigarette à tabac en moins d'un an, pour un peu moins de 10 % chez les fumeurs qui ont utilisé un autre substitut nicotinique come les patchs et les gommes.

Cela étant dit, il faut rappeler que la cigarette électronique n'a de sens que si elle est envisagée en tant qu'outil temporaire de sevrage tabagique. En d'autres termes, le fumeur qui souhaite maximiser ses chances de sevrage ne doit en aucun cas cumuler la consommation de tabac et l'utilisation d'un dispositif de vapotage sur la durée. D'un point de vue sanitaire, il est moins dangereux de fumer du tabac que de cumuler tabac et cigarette électronique (toutes choses étant égales par ailleurs). Notons enfin que certains fabricants proposent désormais des dispositifs de vapotage intelligents, qui viennent réguler la concentration en nicotine du e-liquide utilisé pour délivrer au vapoteur la dose minimale susceptible de satisfaire son manque. Ces dispositifs permettent donc de lisser la baisse de l'inhalation de nicotine sur la durée pour réduire les inconvénients du sevrage tabagique et améliorer les chances du fumeur de décrocher complétement.


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