La France à contre-courant baisse son impôt sur les sociétés

10 MILLIARDS €
Le gouvernement a fait voter une baisse de 10 milliard d'euros
d'impôts sur les sociétés.

En pleine troisième vague du Covid-19, la France a fait voter une réduction des impôts sur les entreprises. Une décision à contre-courant alors que le FMI demande la hausse de ces derniers et que de nombreux pays comme le Royaume-Uni et les États-Unis s'apprêtent à les augmenter.

Baisse de l'IS en France

C'est une décision étonnante prise par le gouvernement et difficilement votée à l'Assemblée nationale, la baisse de 10 milliards d'euros d'impôt sur les sociétés. En décidant de baisser l'imposition sur les entreprises, la France va à contre-courant de la ligne de conduite prise par certaines grandes puissances économiques mais également par le FMI qui recommande de taxer les entreprises et les plus riches pour sortir plus rapidement de la crise.

Joe Biden annonçait le 24 mars dernier son intention d'augmenter l'impôt sur les sociétés (28%), pour financer en partie son plan de relance pharaonique de 2.200 milliards de dollars. À cette époque, la France envisageait elle aussi de faire la même chose. Le ministre de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire déclarait alors : « Si demain (…) les entreprises renouent avec la croissance, ont une croissance supplémentaire, et donc que les recettes de l'impôt sur les sociétés augmentent, est-ce qu'il ne serait pas efficace , est-ce qu'il ne serait pas juste, de consacrer une part de l'augmentation de cet impôt sur les sociétés (…) au remboursement de la dette Covid ? » . En quelques semaines, le discours semble avoir changé.

10 milliards de recettes en moins

Ainsi, le gouvernement a fait difficilement voter une baisse de l'impôt sur les sociétés de 10 milliards d'euros. Une décision très décriée par les différentes oppositions qui estiment que le gouvernement fait le mauvais choix. La présidente du groupe socialiste de l'Assemblée nationale, Valérie Rabault, fait remarque que « tous les autres pays occidentaux acceptent de débattre du financement de la crise, même l'Allemagne, même les États-Unis ».

Le politologue Jérôme Fourquet donne au Monde une explication pouvant justifier une telle baisse au moment où presque tous décident de l'augmentation. « Je n'imagine pas Emmanuel Macron augmenter les impôts ; il veut montrer que la puissance publique est là, au chevet de l'économie » explique-t-il, ajoutant qu'avec ce choix, Emmanuel Macron « a fait une croix sur l'électorat de gauche ».

Du côté du ministère de l'Économie, le discours reste presque curieusement le même mais la finalité a changé. Ainsi, Bercy rappelle que les entreprises « sont celles qui font la relance » et qu'augmenter la pression fiscale sur elles, alors même que la France possède l'un des taux d'imposition les plus élevés, serait contre-productif.


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