Les abattoirs refusent d'aider à la revalorisation de la viande

41 %
La viande de b?uf représente 41% des achats de viande de boucherie.

Les abattoirs font un peu ce qu'ils veulent. Et visiblement, ils n'ont pas eu très envie de réellement mettre en œuvre l'accord de revalorisation du prix de la viande.

 

Une augmentation plus basse que prévue

Le rapport sur l'évolution des prix de la viande a été remis ministère de l'agriculture par le médiateur des relations commerciales agricoles, Francis Amand. Il fait site à l'accord conclu le 17 juin par la filière (éleveurs, abatteurs, distributeurs). Francis Armand estime que les abatteurs n'ont pas joué le jeu, et ont fait à peine le minimum pour appliquer l'accord de revalorisation. Également d'après lui, la grande distribution aurait pu se montrer plus « dynamique ».

Les abatteurs ont bel et bien « augmenté leurs prix », mais ne sont pas allés jusqu'à atteindre les 0,05 € par kilo et par semaine prévus par l'accord. Ils se sont concentrés dans un premier temps « sur les seules races à viande », au dépens des vaches laitières, explique le médiateur dans son rapport.

Jeudi matin, chez nos confrères de RTL, Manuel Valls a pointé du doigt les abatteurs et les industriels : « Il faut, et c'est un appel que je lance de nouveau, c'est essentiel, que les prix augmentent dans les filières du bœuf. Que chacun prenne ses responsabilités, notamment les abatteurs et les industriels. »

Chacun pour soi

Durant les trois premières semaines après l'accord, chacun des acteurs a eu tendance à adopter « la lecture des engagements pris par la filière la plus favorable à ses intérêts propres ».

Dans les abattoirs, les hausses se sont faites dans « des proportions variables selon les régions d'abattage et les catégories d'animaux abattus », explique le médiateur. « Le fait qu'une partie seulement de la carcasse soit achetée par la grande distribution conduit les industriels à devoir passer des hausses proportionnellement plus importantes sur ces produits », relève-t-il.

De son côté, la grande distribution semble avoir globalement joué le jeu : le médiateur « n'a pas connaissance à ce jour de refus » de l'une des enseignes d'acheter la viande plus cher. 

Mais si « les distributeurs ne se sont pas frontalement opposés à la hausse », ils « n'ont pas forcément joué un rôle dynamique en ce sens », nuance le médiateur.

Sur certains types de morceaux, « de nombreux distributeurs se seraient ainsi fournis auprès d'abatteurs-découpeurs ayant remporté les marchés en cassant les prix par des approvisionnements auprès d'éleveurs contraints de brader leurs bêtes ».

 


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Lea Pfeiffer

Née en 1994, Léa Pfeiffer débute des études en journalisme audiovisuel à l'ISCPA de Paris une fois sortie bachelière de l'Ecole Boulle. Elle écrit occasionnellement des articles pour Economie Matin et le Journal de l'Economie. En parallèle, Léa Pfeiffer a déjà réalisé deux documentaires : "Aveugles 2.0", et "Capitale Zéro Déchêts". 

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