L'absence de peur sur les marchés devrait vous inquiéter

L'indicateur VIX a baissé de 51,22% par rapport à son pic en février
dernier.

Jamais les investisseurs sur les marchés n'ont eu aussi peu peur (telle que mesurée par l'indice VIX américain). Pour les véritables « contrariens », ce n'est pas bon signe.

Ce tweet du gérant de portefeuille de chez New River Investment, Guillermo Dominguez, indiquait vendredi 20 juin :

 

« Les consommateurs consomment, le soleil brille à l'Est, les Américains empruntent. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Maintenant fermons les magasins tôt et partons à la plage. »

 

Cela résume parfaitement l'état du marché en ce moment même. Autosuffisant. Ennuyeux.

 

Voici ce à quoi l'ennui ressemble, illustré par le graphique du S&P 500 comparé au VIX, qui mesure combien les investisseurs sont prêts à payer des assurances (les options) sur le marché actions pour les 30 prochains jours.

 

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Qu'est-ce que tout cela signifie ?

Selon Robert Whaley, qui a développé cet indicateur pour le CBOE en 1993 (le Chicago Board Options Exchange), « cela veut dire que les investisseurs ne sont pas particulièrement inquiets concernant tout ce qui se passe. ».

A quel point ?

La dernière fois que le VIX était aussi bas, c'était (roulement de tambour) ... en 2007. Voici un graphique inquiétant :

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Et encore, le VIX était à 14,72 à comparer à nos 11,60 d'aujourd'hui. Bien entendu, le S&P a ensuite baissé de 20% en quelques mois, avant de perdre 60% de sa valeur – passant de 1 550 à moins de 700 points – dans l'année et demi qui a suivi.

Cela a légèrement effrayé l'économiste Jeff Frankel de Harvard, également dans une interview pour NPR. « Si vous me demandez si globalement je pense que c'est une bonne nouvelle ou si s'en est une mauvaise... Je pense que je vous dirait que globalement c'est un peu inquiétant » disait-il. Et il ajouta, « Juste pour vous nous rafraichir la mémoire : tout le monde était en accord avant la crise financière globale. Beaucoup de personnes pensent que l'unique problème était que les gens étaient complétement euphoriques. »

Mais ce qui devrait retenir votre attention était l'extrait de l'interview avec Michael Antonelli, un trader chez Robert W. Baird & Co., et auteur du blog Bull and Baird, qui commente le marché action actuel :

« Parler des marchés, ce peut être difficile vous savez. C'était le calme plat hier, ça l'était aussi le jour précédent, et il semble que ce sera pareil aujourd'hui. Compliqué, n'est-ce pas ? C'est très difficile de vous pointer avec des suggestions qui n'ennuient pas votre client. Vous ne souhaitez évidemment pas leur téléphoner si vous n'avez rien à dire. »

Vous pouvez voir cela comme une bonne nouvelle, tel un signe que l'horizon est clair. Ou vous pouvez interpréter l'absence de peur comme quelque chose à craindre.

Regardez la page d'accueil de Yahoo ! Finance (11 juin) se demandant si les actions s'aventuraient en territoire dangereux tout en fournissant dans le même temps un autre article indiquant que le marché allait poursuivre sa hausse.

 

Une chose est claire : Personne ne sait de quoi l'avenir sera fait. Les manipulations des banques centrales semblent avoir éradiqué tout sentiment de risque. C'est en soi très dangereux mais cela ne doit pas vous empêcher d'investir.

 

Votre portefeuille de long-terme ne doit pas être dépendant des soubresauts du marché. Construisez-le avec un large mélange de petites et grandes entreprises nationales et internationales, obligations d'entreprises, de biens tangibles et de métaux précieux qui vous aideront pendant les orages financiers. Plus vous êtes âgé, plus vous devez avoir en portefeuille un grand nombre d'actions différentes. La diversification limite votre risque de perte.

 

Plus vous êtes jeune, moins vous devez vous inquiéter des variations de court-terme.

 

Le seul meilleur moment qu'aujourd'hui pour investir, c'était hier.

 

Mais vous ne pouvez pas faire cela si vous êtes très inquiets, ou si vous craignez de ne pas avoir suffisamment peur.

 

Appelez cela comme vous le voulez.

 

Écrit avec Nick Hodge.


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