Acteurs de l'emploi, bâtissons ensemble le travail de demain

1,3 million
1,3 million d'emplois pourraient être créés d'ici 2025 avec les
nouvelles formes d'activité.

Des tribunes d’experts aux dossiers de la presse spécialisée ou généraliste, depuis la Twittosphère jusqu’aux programmes des candidats à la présidentielle, les nouvelles formes d’emploi s’immiscent toujours plus dans les débats publics. Un sujet ambitieux, sinon incontournable pour notre société qui tombe ses habits d’hier pour revêtir sa parure de demain.

Il n’est plus raisonnablement question de douter que le coworking, le crowdworking, le CDI intérimaire, les groupements d’employeurs, ou le portage salarial, soient des formes « de plus en plus établies », pour reprendre entre autres, les mots de professionnels de l’emploi, tels que Christophe Catoir, président du groupe Adecco. Réjouissons-nous donc que les Français proposent chaque jour avec enthousiasme de nouvelles manières de travailler. À la clef, rien de moins que retrouver du sens et du plaisir au travail, ce « travail » qui ces dernières années, a été une valise assez encombrante, portant son lot de souffrances, de préjugés aliénants, de standardisations médiocres.

L’enthousiasme semble ainsi renaître, comme en témoigne l’essor des indépendants qui se lancent toujours plus nombreux, sous des statuts ou formes très variés. Ne nous voilons cependant pas la face, il y existe encore beaucoup de terrains à conquérir, de progrès à réaliser afin que chacun puisse libérer son talent et trouver la sécurité nécessaire à son épanouissement.

Il s’agit également pour nous, professionnels de l’emploi et plus particulièrement de l’emploi indépendant, de faire un effort de pédagogie afin de promouvoir ces nouveaux modes de travail qui restent encore méconnues mais suscitent l’adhésion des Français, pour un peu qu’ils soient informés de leur existence. Selon l’étude Adecco de décembre 2016, 64 % des personnes en CDI et 49% des personnes hors CDI déclarent ainsi « être plutôt favorables ou tout à fait favorables pour s’installer à leur compte ».

Serons-nous demain dans une société d’indépendants, comme certains l’avancent parfois non sans provocation ? Là n’est pas la question. Sortons des polémiques court termistes puisque l’idée n’est pas de choisir tel ou tel camp et d’opposer des manières de travailler qui peuvent tout à fait cohabiter. Les Français ne s’enferment d’ailleurs pas dans ces débats manichéens. Tantôt salarié, tantôt indépendant, ils aspirent plutôt à de la fluidité sans perdre une protection sociale méritée. L’enjeu est davantage de proposer une vision adaptée aux enjeux du marché. Un effort de prospection dans lequel la Fédération des Entreprises de Portage Salarial (FEPS) s’est engagée et qui transparaît également dans le Manifeste pour l'emploi proposé par Prism'emploi, l'organisme patronal du travail temporaire présidé par Gille Lafon.

En tant que professionnels de l’emploi, notre rôle est d’être à l’écoute des Français et de travailler ensemble à défendre leurs intérêts. C’est ensemble que nous ferons bouger les lignes. C’est de manière concertée que nous créerons des synergies positives afin de mieux accompagner les indépendants, mais aussi les demandeurs d’emploi et les salariés aspirant à se lancer (5,6 millions de Français selon le baromètre Idinvest Partners oct. 2016 & sondage OpinionWay pour le Salon des Entrepreneurs janv. 2017).

Tout ceci exige un dialogue constructif avec toutes les parties prenantes, notamment sur la formation, un des axes sur lequel où nous pouvons d’ores et déjà nous mobiliser de manière coordonnée. Aucun acteur ne saurait pêcher par orgueil et proposer à lui seul une solution unique pour l’emploi de demain. Les nouvelles formes d’activité sont des gisements de croissance : 1,3 millions d’emplois pourraient être créés d’ici 2025.

Ne tardons pas à faire converger des outils comme l’intérim, le portage salarial et les autres formes de non standard employment. Plus que jamais, la FEPS se tient prête à dialoguer et avancer avec tous les acteurs du marché, les pouvoirs publics, le gouvernement, les parlementaires et les partenaires sociaux. C’est bien ensemble que nous obtiendrons des résultats concrets en faveur de l’emploi de tous les Français.


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Guillaume Cairou

Fils d’ouvrière d’origine serbe, autodidacte, éducateur puis enseignant en banlieue, c’est au chômage à 30 ans que Guillaume Cairou crée Didaxis, pionnier du portage salarial. Aujourd’hui 15e recruteur français, classé dans le Fast 500 européen des entreprises par Deloitte, il a permis à plus de 10 000 personnes de créer durablement leur emploi.