Airbus : résilient et optimiste

1,13 MILLIARD €
En 2020, airbus avait essuyé une perte nette de 1,13 milliard d'euros.

Le groupe européen d’aéronautique et de défense a révélé des résultats financiers en forte hausse au premier semestre 2021, ce qui lui permet de relever ses perspectives pour l’exercice 2021.

Tous les voyants (ou presque) sont au vert pour Airbus. Au premier semestre 2021, le chiffre d’affaires consolidé progresse de 30 % en glissement annuel pour atteindre 24,6 milliards d’euros (contre 18,9 milliards d’euros au premier semestre 2020). Un résultat qui reflète essentiellement la hausse des livraisons d’avions commerciaux : 297 au premier semestre 2021 contre 196 en 2020. Le chiffre d’affaires généré par les activités des avions commerciaux a progressé de 42 % sous l’effet de l’augmentation des livraisons.

Airbus Helicopters a livré 115 hélicoptères (contre 104 sur les six premiers mois de 2020) et a enregistré un chiffre d’affaires en hausse de 11 %. Le chiffre d’affaires d’Airbus Defence and Space est quant à lui stable par rapport à l’année précédente, avec deux avions de transport militaire A400M livrés au cours du premier semestre 2021.

Mais les bonnes nouvelles ne s’arrêtent pas là. Le groupe a annoncé un résultat opérationnel (Ebit) ajusté à 2 703 millions d’euros, contre une perte de 945 millions sur les six premiers mois de 2020. Mesure clé de la rentabilité du groupe, l’Ebit révèle la marge commerciale sous-jacente en excluant les charges ou bénéfices significatifs induits par les variations des provisions pour les programmes, les restructurations, les effets de change ou encore le plus-values/pertes issues des cessions et acquisitions d’activités.

Petite révolution

Si l’Ebit ajusté lié aux activités des avions commerciaux atteint 2 297 millions d’euros (contre – 1 307 millions en 2020), il s’établit à 183 millions d’euros pour les activités d’Airbus Helicopters (contre 152 millions un an plus tôt). Enfin, l’Ebit ajusté d’Airbus Defence and Space s’élève à 229 millions d’euros (contre 186 millions en 2020). Les efforts de la division en matière de réduction des coûts et de compétitivité ainsi que la hausse du volume d’activité de Space Systems ont porté leurs fruits.

« Ces résultats semestriels reflètent nos livraisons d’avions commerciaux, l’attention portée à la réduction des coûts et à la compétitivité, ainsi que les bonnes performances d’Helicopters et de Defence and Space », a déclaré Guillaume Faury, président exécutif (CEO) d’Airbus.

Optimiste, le dirigeant ne s’est pas privé d’annoncer ce qui pourrait représenter une petite révolution dans le monde de l’aéronautique. « Nous veillons à présent à assurer la montée en cadence de la famille A320 tout en transformant notre organisation industrielle ». Et d’ajouter : « Suite à l’approbation du Conseil d’administration, nous étendons par ailleurs notre gamme de produits avec un dérivé cargo de l’A350 afin de répondre à la demande des clients en faveur d’une concurrence et d’une efficacité accrues sur ce segment de marché ». En effet, cette évolution permettra au constructeur européen de concurrencer l’américain Boeing, qui règne sans partage sur ce segment depuis plusieurs années avec son 777.

Prévisions à la hausse

Preuve que l’optimisme est de mise chez Airbus, le groupe a revu à la hausse ses perspectives pour 2021. « Malgré la persistance de la pandémie de Covid-19, les nombreuses mesures déployées par nos équipes ont permis d’atteindre de solides performances au premier semestre. Nous sommes donc en mesure de relever nos prévisions 2021, en dépit du contexte toujours imprévisible », a expliqué M. Faury.

Le groupe, qui table sur l’absence de nouvelles perturbations de l’économie mondiale, du trafic aérien, des opérations intérieures de l’entreprise, ainsi que sur sa capacité à livrer des produits et services, envisage d’atteindre 600 livraisons d’avions commerciaux en 2021, un Ebit ajusté de 4 milliards d’euros et un flux de trésorerie disponible avant fusions et acquisitions et financements-clients à 2 milliards d’euros.

Audacieux ? Sans doute. Les conséquences de la pandémie se font encore sentir sur les voyages. D’après les chiffres d’Eurocontrol, le ciel français a perdu plus de 1,2 million de vols depuis mars 2020. Seuls 2 059 vols journaliers sont constatés actuellement, soit une réduction de 56 % par rapport à 2019. Toujours par rapport à 2019, les prévisions de trafic ne s’élèvent qu’à 45 % en 2021 et 71 % en 2022.

Le chiffre d’affaires du transport aérien mondial devrait quant à lui atteindre 458 milliards de dollars en 2021. C’est seulement 55 % des 838 milliards de dollars générés en 2019, mais + 23 % par rapport aux 372 milliards de dollars réalisés en 2020.


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