Consommer autrement : ce que les citoyens ont changé (1/3)

  • Entre les brocantes et les vides greniers, ce sont plus de 50.000
    manifestations qui sont organisées chaque année en France.
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    manifestations qui sont organisées chaque année en France.
  • Entre les brocantes et les vides greniers, ce sont plus de 50.000
    manifestations qui sont organisées chaque année en France.

Entre les brocantes et les vides greniers, ce sont plus de 50.000
manifestations qui sont organisées chaque année en France.

Acheter moins, mais mieux et local. Et surtout louer, partager, recycler, troquer... En quelques années, de nouveaux modes de consommation se sont développés partout dans le monde. Plus « collaboratifs », ils marquent aussi une forme d'émancipation des consommateurs. Depuis les années 2000, les consommateurs des pays industrialisés ont fait preuve d'une créativité et qu'on ne soupçonnait pas : ils sont devenus des acteurs à part entière de la distribution, en co-créant de nouvelles filières d'achat, que ce soit sur Internet ou dans leur environnement local.

 

La tendance la plus marquante de ces dernières années a été théorisée sous le nom de « consommation collaborative », par une chasseuse de tendances américaine, Rachel Botsman. Elle consiste non pas à acheter, mais à partager, louer, emprunter, troquer, ou recycler tout ce dont on a besoin : vêtements, chaussures, jouets, CD de musique, livres, électroménager, matériel informatique, outils de bricolage... Et ces nouveaux modes de consommation se sont répandus comme une traînée de poudre autour du globe, grâce à Internet qui, en quelques années, a multiplié à l'infini les plateformes d'échanges entre particuliers.

 

Ces sites servent à la fois à acheter et vendre des biens d'occasion, mais aussi à organiser des achats groupés ou le partage de biens entre particuliers. Le tout permet de se procurer momentanément un objet qu'on juge inutile d'acheter (perceuse, photocopieuse...), car comme le résume Rachel Bostman, le consommateur ne donne plus la priorité à la propriété des objets, mais à leur usage.

 

 

Grâce à de nombreux sites, les familles d'un même quartier peuvent ainsi mutualiser l'utilisation d'équipements - comme les machines à laver ou les vélos – ce qui rentabilise leur invetissement et rend leur usage plus convivial. La relation entre utilisateurs permet d'ailleurs de tisser des liens qui vont au-delà de la simple consommation : on loue par exemple une perceuse à quelqu'un du quartier, on échange avec lui des trucs de bricolage, on fait des travaux ensemble et on se découvre des goûts communs qui amènent à se revoir.

 

 

Ces nouveaux comportements se sont développés avant la crise mais celle-ci, en obligeant des millions de ménages à être plus astucieux, a évidemment favorisé leur expansion.

 

 

Ces activités collaboratives se sont d'ailleurs développées au-delà des seuls objets, pour s'étendre aux services entre particuliers comme le co-voiturage ou la livraison de colis, mais aussi la location d'appartements entre familles, le prêt mutuel d'argent pour financer un projet personnel et même la confection de repas. Les plateformes permettent aussi de partager l'usage d'appartements, de jardins potagers ou d'espaces de bureaux. Ainsi, aux Etats-Unis, les entreprises utilisent fréquemment certains sites pour troquer du matériel et des services entre elles.

 

 

Le développement des échanges entre particuliers a également été dopé par l'essor des systèmes d'échanges locaux (appelés Local exchange trading systems ou Time banks dans les pays anglo-saxons et Systèmes d'échanges locaux - Sel- en France), qui permettent aux habitants d'une même ville de troquer de nombreux services quotidiens (garde d'enfants, courses...). Même la réparation des équipements est devenue moins coûteuse et moins ennuyeuse, puisqu'il est possible de réparer son vélo, sa voiture ou ses appareils électroménagers, en s'entraidant au sein d'ateliers participatifs qui ont essaimé ces dernières années dans plusieurs pays d'Europe, aux Etats-Unis et au Canada.

 

Par Bénédicte Manier, auteur d'Un Million de révolutions tranquilles, Editions Les liens qui libèrent, 21 € (voir sur Amazon)

 

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