Altice : Patrick Drahi fait son mea culpa auprès des clients de SFR

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Au troisième trimestre, SFR a perdu 75 000 abonnés dans le fixe.

Altice inquiète. Le groupe de Patrick Drahi s'est bâti sur la dette, mais si l'entreprise perd la confiance des marchés et de ses clients, c'est tout le château de cartes mis en place par Patrick Drahi qui risque de s'effondrer.

La première tâche de Patrick Drahi, le fondateur d'Altice, c'est de rassurer les clients. D'abord en formulant un mea culpa : « Nous ne nous occupons pas assez bien de nos clients chez SFR ». Ces clients, qui depuis l'acquisition de l'opérateur par Altice fin 2014 n'ont cessé de fuir vers la concurrence, ont été mal traités depuis, en particulier par l'ajout d'options difficiles à désactiver — et dont les prix s'ajoutent à celui des forfaits. Patrick Drahi, qui participait à une réunion d'analystes financiers à Barcelone, a admis que les choses n'allaient pas.

Santé fragile

La publication des résultats du troisième trimestre a confirmé la santé fragile de l'opérateur, et provoqué dans la foulée une tempête boursière pour la maison-mère Altice, dont le cours de Bourse a dévissé de plus de 40% en dix jours. Cette chute spectaculaire a poussé Patrick Drahi à reprendre en main le conseil d'administration de l'entreprise et à réorganiser la direction. Et à replacer le client au centre du modèle de SFR. Le patron du groupe a aussi convenu qu'Altice vendait « mal » ses produits : un effort de pédagogie sera donc aussi nécessaire, alors que la société produit du contenu à grands frais (droits sportifs, séries TV…).

Dégonfler la dette

L'autre priorité, c'est de faire dégonfler la dette. Altice a construit sa croissance sur les emprunts pour financer ses acquisitions ; en bout de course, le groupe est lesté d'une dette de 50 milliards d'euros. « Nous allons rapidement faire baisser la dette en Europe, c'est la priorité. Il n'y aura pas d'opération de fusion ou d'acquisition à court terme », a assuré Patrick Drahi. Ce dernier se sait surveillé, par les marchés financiers bien sûr, mais aussi par l'exécutif. Christophe Castaner, le porte-parole du gouvernement, a ainsi déclaré que la situation d'Altice était regardé « avec attention ».


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Olivier Sancerre

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.