La fin de l'argent gratuit. Vraiment ?

0,50 %
Les taux directeurs de la BCE sont inchangés à -0,50%.

Avec la montée des taux « on » pense que c’est la fin de l’argent gratuit.

Logique les taux montent.

Et si les taux montent, les actions vont se casser la margoulette et l’immobilier va s’effondrer. Aussi sûr que 2 et 2 font 4.

Pourtant je pense que la situation risque d’être beaucoup plus nuancée que cela et je vais essayer de détailler un peu ce point de vue disons-le iconoclaste.

 

Tout d’abord reprenons le point le plus important des déclarations de la FED.

Objectif 3 % de taux !

Oui la FED n’a pas dit qu’elle allait monter à ses taux directeurs à 15 % mais seulement à 3. Oui je dis seulement car, du haut de mes 47 ans, j’en ai vu des hausses et des baisses de taux. Des taux à 3 % ce n’est pas franchement la fin du monde ! Tenez en 2009/2010 le livret A vous rapportait quand même 4 ou 5 % par an et ce n’était pas la fin du monde, sauf pour Lehmann Brothers qui a fait faillite il est vrai, mais enfin, le soleil se levait encore sur la planète.

Donc ce que vous dit la FED c’est qu’elle veut casser l’inflation naissante en montant très rapidement ses taux à 3 %, un niveau situé à la limite du seuil de douleur de l’économie mais que la FED juge suffisant haut pour casser l’inflation mais trop bas pour envoyer tout le système économique en récession.

Mon point de vue est que cette stratégie va foirer, échouer, rater, ou encore ne pas marcher. 

Pourquoi ?

Parce qu’aucune hausse de taux ne viendra ralentir significativement une inflation qui n’est pas liée à la « demande » mais à la « disponibilité ». Ce qui est rare devient toujours cher. La seule façon de faire baisser significativement l’inflation dans un tel cas, c’est de monter les taux très haut et de déclencher volontairement la récession pour réduire la demande dans de grandes proportions.

Mais si les taux vont trop haut alors ce sera l’insolvabilité généralisée, donc ils ne peuvent pas aller très haut. Si nous ne les montons que modestement alors l’inflation continuera à se développer.

Une inflation qui se développe est une inflation qui finit toujours par accélérer comme c’est le cas par exemple en Turquie. Pourquoi ? Parce que les anticipations des gens seront inflationnistes. Si vous pensez que les prix seront plus hauts demain alors vous achetez tout de suite quitte à stocker. Et vous avez raison ! Mais en faisant cela vous faites monter les prix et c’est avec ce mécanisme que l’inflation est auto-entretenue ! Vous avez le phénomène inverse avec la déflation. Si vous pensez que ce sera moins cher demain, vous n’achetez pas et donc les prix baissent encore plus !! Et vous avez raison d’attendre.

Les taux réels !

Enfin pensez taux réels.

C’est le différentiel entre le taux d’intérêt et l’inflation et cela vous permet de savoir de combien vous serez ruiné cette année !

Avec une inflation à 8.5 % aux Etats-Unis et des taux pas encore à 3 % mais disons qu’ils seront prochainement à 3, vous perdrez au moins 5.5 % cette année si vous êtes américain en pouvoir d’achat.

Pire.

Alors que l’on pense que les taux montent, en réalité ils baissent encore plus en termes de taux réels !

Avec une inflation à 1 % et des taux négatifs à -0.5 % je perds en tant qu’européen 1.5 % de pouvoir d’achat chaque année.

Mais avec une inflation moyenne en Europe de plus de 7 % et des taux à 1 % (redevenus positifs donc) je perds maintenant plus avec des taux positifs que quand ils étaient négatifs. Ma perte est de 6 % de pouvoir d’achat !

Alors, alors me direz-vous ?

Simple.

Les gens vont vouloir quitter la monnaie pour aller vers les actifs.

Ils vont préférer acheter au hasard de l’immobilier plutôt que de garder des sous à la banque qui perdent de la valeur.

La conclusion est simple. Alors que tout le monde vous explique que l’immobilier va baisser avec les taux qui montent, il se pourrait bien que ce soit plus compliqué que cette simple relation.

Alors pour vous permettre d’y voir plus clair, je suis allé chercher les prix de l’immobilier depuis 1200. Oui 1200, la date ! Le Moyen-Age ce qui permet de parler des crises immobilières sur le très long terme et à travers l’histoire, les rois, les guerres, ou encore les changements de régimes. Je vous démontre que le problème de l’immobilier n’est pas le niveau des taux d’intérêt !!

Dans le moment que nous vivons, la relation entre les taux et l’immobilier est faussée, car vous avez d’autres variables qui rentrent en considération et notamment la relation taux d’intérêt, niveau des prix et inflation. A cela il faut ajouter les paramètres de la guerre en cours. Mais ce n’est pas tout. Il faut prendre en considération les changements d’usage ET la transition énergétique. Secouez-tout cela et vous allez obtenir pour le marché immobilier une situation absolument inédite qui va faire perdre la boule au marché qui va complètement s’atomiser et s’éclater.

Je vous explique tout dans ce dossier spécial consacré à l’immobilier, l’investissement le plus important pour tous les ménages de notre pays. Un dossier à lire avant de prendre la moindre décision d’achat… comme de vente ! Pour le lire c’est en téléchargement dans vos espaces lecteurs ici. Pour vous abonner les renseignements sont là !

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.

PS en 1200 le roi était Philippe II… il n’a pas laissé un souvenir impérissable dans nos manuels d’histoire!

Préparez-vous !


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Charles Sannat

Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l'Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.

Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com

Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.