Voitures de collections, vins, pièces de monnaie, des placements non conventionnels qui rapportent

490 %
Ces dix dernières, les voitures de collection ont offert des
performances de 490 % en matière d'investissement.

Où trouver du rendement aujourd’hui pour ses placements ? Une étude propose de sortir des sentiers battus.

Les taux négatifs vont laminer les placements traditionnels des épargnants (livrets bancaires, assurance-vie), nous l’avons expliqué. L’immobilier, autre placement privilégié des Français, voit ses prix stagner sur ces dernières années et il n’offre pas de perspectives de croissance importante, les dix années de hausse, de 1997 à 2007, semblent bien lointaines. Les marchés actions, eux aussi, semblent avoir passé ses belles années et patinent depuis l’été dernier, ils ont même connu une forte glissade en janvier dernier. Que reste-t-il ? L’or physique bien sûr, qui constitue une protection, une assurance contre les politiques expansionnistes des banques centrales, que nous finirons par payer un jour, et aussi une opportunité de faire du rendement, à l’instar d’un placement classique.

Mais pour trouver d’autres sources de rendement, une étude de Knight Frank fournit une intéressante liste de placements "non conventionnels". Selon cette société britannique de conseil en immobilier, sur les dix dernières années, les placements qui ont offert les meilleures performances sont, dans l’ordre : les voitures de collections (+490%), les vins (+241%), les pièces de monnaies, ou numismatique (+232%), l’art (+226%), les timbres de collection (+166%), la joaillerie (+155%), les diamants colorés (+136%), les montres (+67%).

Bien sûr, formulons immédiatement une mise en garde : il s’agit ici de moyennes qui cachent d’importantes disparités, tous ces marchés sont très "pointus" et ils nécessitent de solides connaissances et de bons contacts, ce qui ne garantit d’ailleurs pas de se tromper. L’amateur ne s’y risquera surtout pas. Et il faut rajouter la possibilité d’arnaques, comme Aristophil et ses manuscrits. Mais malgré tout, voici des performances financières notables.

Ces performances traduisent aussi certainement, selon nous, un mouvement vers les "actifs réels". De plus en plus d’investisseurs s’interrogent sur la valeur des actifs financiers depuis que les banques centrales ont lancé leurs planches à billet après la crise de 2008, tandis que l’immobilier, qui s’est effondré lors de cette crise (aux Etats-Unis), a perdu de son aura. Alors l’argent cherche d’autres supports, des actifs possédant une valeur intrinsèque, et certains en profitent largement (une multiplication par 5 en dix ans pour les voitures de collection !), même s’il y a sans doute une dimension bullaire. Décidemment, obtenir du rendement pour ses placements devient une science de plus en plus complexe !

Par ailleurs, signalons que l’amateur d’art, éventuellement investisseur, pourra ce week-end profiter de deux salons de grande qualité : Paris Art Fair au Grand Palais et le Salon du dessin au Palais Brongniart.


A découvrir

Philippe Herlin

Philippe Herlin est économiste, Docteur en économie du Conservatoire National des Arts et Métiers, il a publié plusieurs ouvrages chez Eyrolles et rédige des chroniques hebdomadaires pour Goldbroker.

Il écrit tous les vendredis un article sur l'art et la culture vus à travers l'économie, et intervient ponctuellement sur d'autres sujets.

Son site : philippeherlin.com.