Que faire de son argent quand le placer ne sert strictement à rien ?

0,75 %
Le taux du Livret A est plafonné à 0,75%

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Au cas où cela aurait échappé à votre sagacité, ce qui m’étonnerait, les taux du livret A se sont « envolés » à... 0,75 % par an ! Pas de quoi assurer votre richesse future, surtout avec une inflation (officielle) de 1,8 % chaque année. Alors…

Que faire de son argent quand le placer ne sert strictement à rien ?

C’est tout de même une sacrée question, un peu absurde même quand on y réfléchit.

Pourtant, c’est la question à laquelle tous les épargnants sont confrontés dans notre environnement de taux bas et d’épargne qui ne rapporte rien. Je citais il y a quelques jours, dans un de mes articles, ce papier du Monde qui proclamait le plus naturellement que le rendement réel d’un placement sur un contrat d’assurance vie « tenant compte de l’inflation et des prélèvements sociaux de 17,2 %, devrait donc rester négatif, ce qui n’est pas choquant pour un placement sécurisé », précise Cyrille Chartier-Kastler, le fondateur du site GoodValueForMoney ».

Alors oui, aujourd’hui, épargner rime avec rendement négatif au mieux ou risque très élevé au… pire !

Les rendements sont-ils tous négatifs ?

Oui, même si les taux semblent positifs.

Vous avez le taux brut, puis la fiscalité, puis l’inflation qui simultanément vient éroder votre pouvoir d’achat.

Au bout du compte, il faut savoir qu’un placement qui ne vous rapporte pas plus de 2,58 % par an vous coûte de l’argent ! C’est ce que j’expliquais dans cet article.

Il faut donc 2,58 % de rendement pour ne pas perdre d’argent, or, il n’y a aucun placement de 2,58 % sans risque aujourd’hui. Le livret A c’est 0,75 % et l’assurance vie, en moyenne, rapporte nettement moins pour ses fonds en euros.

Pourquoi épargner dans un contexte de taux bas ?

Bien évidemment, il se trouvera toujours du monde pour dire que vouloir épargner, c’est de la vénalité, qu’il n’y a que l’argent qui « nous intéresse » et que si cela ne sert à rien parce que cela ne rapporte rien, « YAKA » tout dépenser en trucs inutiles et autres chinoiseries permettant une croissance toujours plus importante de … la consommation !

Cette attitude fait l’impasse sur quelques réalités importantes du genre, il faut bien avoir une épargne de précaution pour faire face aux problèmes, mettre de côté pour ses vieux jours et les baisses importantes de revenus qu’impliquent les retraites (si celles-ci sont encore versées dans 20 ans) ou encore par exemple, le fait d’aider ses enfants à faire des études.

Bref, je peux vous faire une liste des 1 001 raisons pour lesquelles épargner est un besoin économique fondamental.

Le problème c’est qu’en épargnant, notre pouvoir d’achat est érodé par la fiscalité et l’inflation.

Plus j’épargne et plus je vais mettre du temps à obtenir de l’argent pour plus tard parce que l’argent n’est plus une bonne réserve de valeur.

N’oublions pas qu’une bonne monnaie est une monnaie qui permet de stocker de la valeur dans le temps pour que mon travail d’aujourd’hui qui a rapporté des sous puisse être consommé demain ou après-demain avec sensiblement le même pouvoir d’achat.

L’intérêt et l’importance de l’épargne sont donc toujours identiques.

Ce qui vient de changer c’est la « parité de pouvoir d’achat » de cette épargne dans le futur.

Ce changement est considérable et ses impacts sur la stratégie patrimoniale des ménages sont fondamentaux.

C’est la raison pour laquelle je vous propose aujourd’hui ce dossier spécial consacré à… l’inutilité de l’épargne telle que nous la connaissions pour vous proposer une nouvelle approche nettement plus appropriée à la réalité de rendements négatifs actuels.

Pour cela, je me suis penché sur les intérêts composés, un véritable miracle selon Einstein, puis je vous ai réalisé quelques simulations de rendement avec les taux actuels, que je vous ai corrélés à l’inflation… histoire que vous puissiez raisonner en PPA future, c’est-à-dire en parité de pouvoir d’achat futur… Dramatique constat !

En gros, combien vaudront 100 000 euros d’aujourd’hui avec un taux d’inflation de x, y et z dans 40 ans ! Pas triste. Oubliez l’épargne retraite vendue par votre aimable conseiller bancaire qui vendait des raquettes chez Décathlon il y a encore un mois (demandez-lui ce qu’il faisait avant, vous penserez alors à moi).

La grande différence entre épargner et investir

Si les intérêts sont composés sur les placements, l’inflation aussi est composée en miroir négatif sur votre épargne, venant littéralement laminer votre pouvoir d’achat, ce qui conduit à évoquer la différence fondamentale entre épargner et investir !

Logiquement, il découlera de tous ces raisonnements les pistes pertinentes d’investissements à suivre dans les années à venir tant que ce contexte de taux va perdurer... et il va perdurer jusqu’à la fin de nos monnaies actuelles à un horizon qui n’est pas déterminable aujourd’hui, mais qui est inéluctable.

Le dossier spécial « Faut-il encore épargner, et sinon, que faire? » est accessible à tous les abonnés à la Lettre STRATÉGIES et vous pouvez le télécharger dès maintenant dans votre espace lecteur. Pour tous ceux qui veulent se le procurer, plus de renseignements ici(La promotion est toujours en vigueur, et pour tout abonnement, vous aurez accès à l’ensemble des dossiers déjà édités, soit plus de 40 documents et des centaines de pages d’informations précieuses.)

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Article écrit par Charles Sannat pour Insolentiae


A découvrir

Charles Sannat

Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l'Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.

Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com

Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.