Un week-end d'art contemporain à Paris

15 %
L'art contemporain représente 15% des ventes aux enchères.

Pas de Fiac cette semaine comme d’habitude ? Pas grave, il y a Asia Now et Galeristes !

La Fiac, la foire d’art contemporain, devait se tenir cette semaine au Grand Palais, mais elle a été finalement annulée, comme on le sait, face la rigueur des mesures sanitaires prises pour répondre au Covid. Mais tout n’est pas perdu, loin de là, car les salons du "off", qui se mettent dans le sillage du vaisseau amiral, n’ont pas tous renoncé. Si Art Élysées a abandonné, les autres manifestations ont tenu à maintenir leur présence.

L’amateur parisien ou francilien d’art contemporain aura donc le choix, ce week-end, entre plusieurs sorties. Commençons par Asia Now (9 avenue Hoche, 15€ l’entrée) qui pour sa 6e édition confirme la place incontournable que ce salon a acquis. Dédié à l’Asie comme son nom l’indique, il montre un panorama varié et de qualité. On notera aussi, par rapport à la Fiac, un refus du conceptuel froid et gris que l’on y trouve trop souvent pour, dirons-nous, une sensualité du regard. Une visite agréable et enrichissante.

Il ne faudra pas non plus manquer Galeristes (Carreau du Temple, 10€), dont c’est la 5e édition, et qui présentera une quarantaine de galeries ainsi que l’Urban Art Fair (Espace Ellia, 10 rue de Turenne, entrée libre) qui exposera 13 galeries.

Comme de nombreux secteurs, le marché de l’art contemporain souffre avec le confinement et ce déconfinement chaotique que nous voyons à travers le monde. Plusieurs salons annulent, les chiffres des ventes aux enchères comme le chiffre d’affaires des galeries reculent. On ne voit pas encore d’effet sur les cotes, mais il faut y prendre garde. Comme le montre le rapport Artprice sur le marché de l’art, le domaine contemporain représente 15% du total des ventes aux enchères, en forte croissance sur ces 20 dernières années. Cela représente presque 2 milliards de dollars en 2019 (1,993 milliard exactement, aux enchères donc, il faut rajouter les galeries mais il n’existe pas de chiffres publics), contre seulement 92 millions de dollars en 2000 ! Une croissance stratosphérique dont il faudra voir si elle n’est pas affectée par la crise actuelle...


A découvrir

Philippe Herlin

Philippe Herlin est économiste, Docteur en économie du Conservatoire National des Arts et Métiers, il a publié plusieurs ouvrages chez Eyrolles et rédige des chroniques hebdomadaires pour Goldbroker.

Il écrit tous les vendredis un article sur l'art et la culture vus à travers l'économie, et intervient ponctuellement sur d'autres sujets.

Son site : philippeherlin.com.