Banques : retirer de l'argent coûte 56% plus cher

20 %
En 2011, le montant de la CIR avait baissé de 20%.

Si les Français abandonnent de plus en plus l’argent liquide au bénéfice des paiements par carte bancaire voire par smartphone, les retraits existent encore et toujours et certains commerçants, surtout les plus petits, demandent du liquide pour des transactions en dessous d’un certain seuil. Mais, voilà, d’après les informations du journal Les Echos, retirer de l’argent dans un distributeur coûte beaucoup plus cher désormais.

La Commission interbancaire de retrait voit son prix exploser

Si vous ne vous êtes jamais posé la question de savoir pourquoi vous n’avez droit qu’à un certain nombre de retraits en dehors des distributeurs de votre réseau bancaire, vous saurez désormais que c’est à cause de la Commission interbancaire de retrait (CIR). Celle-ci est payée par votre banque lorsque vous retirez de l’argent dans un distributeur d’une banque concurrente ; par exemple, si vous êtes client BNP et que vous allez retirer dans un distributeur de HSBC, BNP va payer à HSBC la CIR.

Le montant de la CIR n’est pas négligeable, malgré tout : fixe, il était de 57 centimes d’euro par retrait jusqu’au 31 décembre 2019, et ce depuis 2011. Or, selon les informations du journal Les Echos, en 2019 le Groupement des Cartes Bancaire (GIE CB) a validé la demande que lui faisaient depuis quelques temps les banques d’augmenter la CIR.

Depuis le 1er janvier 2020, la CIR est passée à 89 centimes d’euro par retrait, soit une augmentation de 56%. Une hausse qui va impacter, forcément, les clients.

Les banques en ligne dans le collimateur

Si la banque X paye désormais la banque Y 89 centimes à chaque retrait, cela pourrait avoir une conséquence sur le coût de la carte bancaire pour le client : son prix annuel a de fortes chances d’augmenter. Peut-être par le biais d’une baisse du nombre de retraits autorisés par mois dans un réseau concurrent, peut-être par une augmentation du coût du retrait au-delà du nombre autorisé… Il faudra donc bien surveiller les tarifs bancaires en 2020 et, surtout, 2021.

Mais les banques classiques ont dans leur collimateur un secteur qui leur fait une concurrence de plus en plus rude : les banques en ligne. Avec leur offre 100% gratuite, elles ne disposent pas de leurs propres distributeurs. L’augmentation de la CIR va donc les concerner en premier lieu.

Certaines banques en ligne pourraient rendre payants tous les retraits ou en augmenter le prix, d’autres abandonner la gratuité… le secteur risque dans tous les cas d’être chamboulé.


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