Autoroutes : le comité des usagers contre les augmentations des péages

0,40 %
Les péages autoroutiers devraient augmenter de plus de 0,40% en
moyenne en 2021.

Autoroutes : sur proposition de « 40 millions d'automobilistes », le comité des usagers émet officiellement pour la première fois le voeu d'une non-augmentation des prix pour 2021 et juge inacceptables les hausses demandées par les sociétés concessionnaires.

Aujourd'hui, comme chaque année à cette période, le Comité des usagers des routes se réunit (virtuellement pour une fois) pour valider les évolutions tarifaires des péages autoroutiers. Cet organe mis en place sous l'égide le ministère de la Transition écologique et composé de représentants de l'État et d'associations d'usagers de la route n'a en effet qu'un rôle consultatif et ne détient aucun pouvoir de décision concernant la politique tarifaire mise en œuvre par les SCA.

L'association « 40 millions d'automobilistes » avait plusieurs fois au cours des années passées claqué la porte du Comité pour dénoncer cet état de fait et la passivité de la majorité de ses membres face aux exigences tarifaires scandaleuses des sociétés concessionnaires.

Ce vendredi 4 décembre 2020 cependant, et pour la première fois, le Comité des usagers a suivi une proposition de l'association « 40 millions d'automobilistes ». Face à une nouvelle annonce de hausse des prix des péages autoroutiers pour 2021 malgré le contexte économique et social particulièrement tendu, l'association a obtenu du Comité qu'il émette un vœu symbolique demandant officiellement la non-augmentation des tarifs pour 2021 et qu'il déclare officiellement 'inacceptables' les hausses imposées par les SCA. Une première victoire pour « 40 millions d'automobilistes », qui se bat avec acharnement dans ce dossier depuis près de 8 ans.

C'est donc la validation d'une hausse moyenne de 0,44 % des prix pratiqués aux péages autoroutiers qui a été demandée ce matin par les SCA au Comité des usagers. On pourrait alors dire que les années se suivent et se ressemblent, puisque ce sont toujours des augmentations des tarifs autoroutiers qui interviennent au 1er février de chaque année.

Cette année pourtant, les lignes semblent enfin commencer à bouger, ainsi que l'explique Daniel QUÉRO, dirigeant de « 40 millions d'automobilistes » : « C'est la première fois que le Comité des usagers, qui se contentait jusqu'alors de valider les augmentations annuelles sans sourciller, considère officiellement que cette politique tarifaire de hausse constante est inacceptable et contraire à l'intérêt général des automobilistes. C'est une petite victoire qui, nous l'espérons, en apportera bien d'autres à l'avenir. »

L'association - qui avait poussé un 'coup de gueule' mémorable l'an dernier face à l'immobilisme du Comité - est en effet à l'origine de cette fronde. Sa proposition a été soutenue par plusieurs membres du CDU, FFMC en tête, et validée par le président BORDRY après consultation de l'ensemble des participants à la réunion.

« Alors que l'inflation annuelle pour 2020 est quasi-nulle (de l'ordre de -0,23 %), les SCA voulaient imposer aux usagers une hausse de 0,44 % de leurs prix. C'est la goutte d'essence qui a fait déborder le réservoir. On constate que de nombreux secteurs annoncent des gels des tarifs pour participer à l'effort collectif de relance de l'économie française. À côté de cela, on a eu la preuve - s'il en fallait une - que les SCA n'ont aucune pitié et que leur seule préoccupation est d'amasser toujours plus de bénéfices. C'est inacceptable et nous sommes enfin parvenus à le faire reconnaître » se félicite Pierre CHASSERAY, délégué général de « 40 millions d'automobilistes ».

Pour autant, l'association ne compte pas en rester là : « nous nous battons depuis 8 ans maintenant pour que les sociétés concessionnaires restituent l'argent qu'elles ont pris aux automobilistes et pratiquent une politique tarifaire qui rende accessibles la mobilité et la sécurité à tous les usagers. Nous poursuivrons nos efforts jusqu'à ce que des baisses des prix soient enfin imposées et pour cela, nous continuerons à mettre la pression sur toutes les instances décisionnaires » assure Daniel QUÉRO.

Bien que qualifiée de « plus faible hausse depuis 20 ans » et même de « bouffée d'air pour les automobilistes » par certains observateurs, l'augmentation programmée des tarifs des péages d'autoroutes restent injustifiée au regard de l'inflation et cache de nombreuses disparités locales. Ainsi, certaines sections d'autoroutes subiraient une augmentation de leurs tarifs bien supérieure à la moyenne : jusqu'à 2,50 % pour le tunnel duplex de l'A86, bien connu pour être déjà hors de prix, ou encore 2,28 % pour l'A28 (entre Rouen et Alençon, en Normandie) gérée par le concessionnaire Alis.


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