La Banque d'Angleterre alerte sur une pénurie alimentaire mondiale «apocalyptique»

80 %
80% des hausses des prix sont liées aux pénuries, à la raréfaction des
ressources, mais aussi aux conséquences de la guerre en Ukraine et des
sanctions prises à l'égard de la Russie.

Mes chères impertinentes, chers impertinents,

Avec cet article du très sérieux Telegraph (source de l’article en anglais ici) de Londres, je souhaite faire prendre conscience au plus grand nombre de la nécessité de la résilience personnelle. La résilience, nous ne devons pas l’avoir triste, mais au contraire altruiste et tournée vers la protection au sens large de nos proches et de ceux que nous aimons. Plus nous serons nombreux à l’être, plus notre pays sera capable, collectivement, de passer les difficultés importantes qui s’annoncent mais, qui, si nous sommes préparés n’auront rien d’insurmontables et surtout, une bonne préparation pourra en adoucir considérablement les effets.

Pour le reste, la remarque de la Banque Centrale d’Angleterre a de quoi faire frémir.

La Banque d’Angleterre met en garde contre une pénurie alimentaire mondiale « apocalyptique ».

Le gouverneur de la Banque d’Angleterre a mis en garde contre une hausse « apocalyptique » des prix des denrées alimentaires dans le monde et s’est dit « impuissant » face à une inflation galopante alors que l’économie est malmenée par la guerre en Ukraine.

Andrew Bailey a déclaré qu’il était « à court de cavaliers » (NDLR c’est une expression anglaise comme il n’y a plus assez de doigts sur la main pour compter les problèmes auxquels nous sommes confrontés) lorsqu’il s’agit de compter les chocs auxquels la Grande-Bretagne est confrontée, avec la flambée des prix de l’énergie et des denrées alimentaires due aux forces du marché mondial qui échappent à son contrôle.

Les prix augmentent au rythme le plus rapide depuis 30 ans, créant un « très gros choc de revenus » qui devrait s’intensifier dans les mois à venir avec un risque d’inflation à deux chiffres avant la fin de l’année.

M. Bailey a déclaré aux députés de la Commission du Trésor qu’il était de plus en plus préoccupé par une nouvelle flambée des coûts alimentaires si l’Ukraine, l’un des principaux producteurs agricoles, n’était pas en mesure d’expédier du blé et des huiles de cuisson depuis ses entrepôts en raison du blocus russe.

Le gouverneur a indiqué qu’il s’était entretenu avec le ministre ukrainien des finances et a ajouté : « Le [risque] sur lequel je vais paraître plutôt apocalyptique, je suppose, est celui de la nourriture. L’Ukraine a des réserves de nourriture, mais elle ne peut pas les écouler pour le moment. Bien que [le ministre des finances] soit optimiste quant à l’ensemencement des cultures, il a déclaré qu’en l’état actuel des choses, nous n’avons aucun moyen de les expédier, et la situation s’aggrave. C’est une préoccupation majeure. Ce n’est pas seulement une préoccupation majeure pour ce pays, c’est une préoccupation majeure pour le monde en développement. Je ne suis pas, loin s’en faut, un stratège militaire, mais tout ce qui peut être fait pour aider l’Ukraine à expédier sa nourriture serait une énorme contribution. »

La banque d’Angleterre critiquée !

De nombreux experts estiment que l’institution a agi trop lentement en augmentant les taux d’intérêt lorsque les prix ont décollé l’année dernière, et elle a également été critiquée pour ne pas avoir réduit son programme d’assouplissement quantitatif d’impression de monnaie au cours de la dernière décennie.

Ce sombre bilan devrait également renforcer la pression exercée sur le Trésor pour qu’il présente un budget d’urgence afin de s’attaquer à la crise du coût de la vie, après que Rishi Sunak, le chancelier, a choisi d’augmenter les impôts au moment même où les revenus étaient comprimés.

Les prix des denrées alimentaires ont déjà grimpé en flèche en raison des craintes liées aux perturbations. L’Ukraine approvisionne une grande partie du Moyen-Orient en céréales, et les familles risquent de ne plus pouvoir se nourrir à moins qu’une solution ne soit trouvée. Les prix du blé ont augmenté jusqu’à 6% lundi.

Le gouverneur a également admis que la Banque a peu d’espoir de ramener l’inflation à son objectif de 2%, les prix ayant déjà augmenté de 7% et une nouvelle hausse étant attendue dans les mois à venir.

Interrogé par les députés de la Commission du Trésor, qui lui demandaient s’il se sentait « impuissant » à contrôler l’inflation, M. Bailey a répondu : « Oui. »

Il a ajouté : « C’est un endroit très très, plus qu’inconfortable – j’essaie de trouver un mot encore plus sévère que cela – c’est un endroit très très difficile à vivre. Prévoir une inflation de 10% et dire qu’il n’y a pas grand-chose que nous puissions faire sur 80% de cette inflation, je peux vous dire que c’est un situation extrêmement difficile à vivre. Nous devons reconnaître la réalité de la situation à laquelle nous sommes confrontés. »

Les politiques monétaires de taux seront inefficaces !

C’est cela que le Gouverneur Bailey vient de nous dire.

80% des hausses des prix sont liées aux pénuries, à la raréfaction des ressources, mais aussi bien évidemment aux conséquences de la guerre en Ukraine et des sanctions prises à l’égard de la Russie avec l’explosion des coûts énergétiques.

Et le journaliste du Telegraph de confirmer que la « politique traditionnelle veut que la Banque relève les taux d’intérêt pour lutter contre une inflation élevée, ce qui a pour effet d’augmenter les coûts d’emprunt et de ralentir l’économie nationale. Mais la plupart des hausses de prix actuelles proviennent des marchés mondiaux, ce qui aurait peu d’effet à court terme ».

Pensez votre résilience face à l’inflation.

C’est la tâche la plus difficile qui nous attend à titre personnel et vous aurez dans le dossier spécial PRP (Plan de Résilience Personnel) du mois de mai qui sera disponible dans quelques jours tout un chapitre consacré à l’inflation et à la façon de vous en prémunir ou d’en atténuer les effets (pour vous abonner tous les renseignement sont ici). Quand on parle d’inflation on parle de pouvoir d’achat. Il y a deux façons de jouer sur son pouvoir d’achat. On limite les sorties et on augmente les rentrées. Mon pépé disait, « un sou qui rentre c’est un sou qui ne doit pas sortir », et le pépé, l’inflation, il l’a connue pendant des années !

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.

Préparez-vous !


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Charles Sannat

Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l'Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.

Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com

Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.