Le Crédit Agricole aurait besoin de 31 milliards d'euros à son capital, d'après l'OCDE

Les 128 banques européennes passées au scanner par la BCE, dont le
Crédit Agricole, représentent à elles seules 85% des actifs bancaires
de la zone euro.

C'est la banque d'Europe qui aurait besoin de la plus grande recapitalisation. Selon une nouvelle étude de l'OCDE, le Crédit Agricole aurait besoin de 31 milliards d'euros à son capital ; et à elles toutes, les banques européennes auraient besoin de 84 milliards d'euros de fonds propres.

 

 

 

Le Crédit Agricole a besoin de plus d'un tiers des capitaux nécessaires à toutes les banques européennes

 

 

 

Elles sont donc largement "unterkapitalisiert" comme le titre le journal allemand dans lequel l'étude a été publiée. La banque tricolore aurait donc besoin à elle seule de 37% des capitaux nécessaires à toutes les banques d'Europe. Oups...


Explications : actuellement, une Union bancaire est en train de se mettre en place, lentement mais sûrement, en Europe. La Banque centrale européenne va passer au scanner cette année 128 des plus grosse banques de la zone (celles dépassant 30 milliards d'euros d'actifs ou pesant plus de 20% du PIB de leur pays d'origine) à la recherche de « faiblesses » éventuelles, pour voir en somme si elles sont suffisamment solides pour résister en cas de crise. Une sorte de « stress test » version XXL.


Une des obligations fixées à chacun de ces établissements bancaires sera d'afficher un ratio de fonds propres durs de 8% au moins, sous peine de devoir se recapitaliser.

 

 

Douze banques françaises passées au crible

 

 


Parmi les colosses français qui vont être passés au crible, en espérant qu'ils ne se révèlent pas avoir des pieds d'argile, on trouve le Crédit Agricole mais aussi 12 autres établissements : BNP Paribas, Société Générale, Banque Postale, Crédit Mutuel, etc, ainsi que Bpifrance, la Banque publique d'investissement.

Niveau de liquidité, qualité du financement, qualité des actifs de la banque, tout va être passé en revue par l'institution euriopéenne pour la première fois. L'étude de l'OCDE devance donc celle de la BCE.

La question est de savoir : si le Crédit Agricole, par exemple, n'arrive pas à se recapitaliser, qu'adviendra-t-il de lui ? La BCE voudra-t-elle, et pourra t-elle, l'aider à se renflouer ? La banque devra t-elle sinon fermer boutique ?


Laure De Charette

Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique.

Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.