La crise pose les bases d'une économie nouvelle

Depuis le début de la crise des supprimes en 2007, banques et Etats se
sont peut être définitivement unis pour le meilleur...et pour le pire.

La récente crise financière (dont celle des subprimes) a marqué un tournant dans la compréhension des mécanismes macroéconomiques.

 

Cette crise, non seulement pose les fondements d'une nouvelle macroéconomie (la crise financière ayant sensiblement amendé toutes les prévisions de croissance économique dans les pays de l'Union européenne et aux États-Unis), mais elle pose également plus fondamentalement la question de la contribution des banques et de la finance à la croissance économique.

Si l'on admet aujourd'hui que les banques et les marchés financiers ont un rôle dans l'économie, et que le système financier au sens large (banques et marchés financiers) contribue à stimuler l'économie, alors il n'est plus possible d'envisager des équilibres macroéconomiques sans intégrer les paramètres financiers (par exemple l'intermédiation financière ou la capitalisation).

Pourtant, bizarrement, on a du mal à identifier des études économétriques qui permettent de dire qu'effectivement les marchés financiers et les banques sont importants pour la croissance au-delà de l'évidence. Tout d'abord, les théories classiques de la croissance (Solow première version) sont souvent comprises comme des théories ne prenant pas en compte l'impact des politiques financières sur la croissance économique.

Pourtant, force est de constater le nombre important d'études empiriques relatant un phénomène cyclique, le PIB (produit intérieur brut), évoluant en réponse à différents comportements financiers sans que les termes "banque" ou "marchés financiers" ne soient explicitement utilisés. Certes, le terme crise financière apparaît récemment pour expliquer comment la croissance peut être influencée par d'autres détermi- nants que les plus connus en macroéconomie : l'innovation, le progrès technique, la productivité globale des facteurs (la part de la croissance du résidu de Solow non expliquée par la productivité du travail et du capital).

Les chercheurs trouvent alors une suite logique d'enchaînement de variables explicatives de la croissance. Ils prennent alors le cycle du PIB et montrent qu'à partir d'un niveau de PIB donné une crise financière serait susceptible de diminuer le PIB final.




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Introduction du dernier ouvrage de Pascal de Lima"Economie bancaire et croissance économique" publié le 5 septembre 2012. Editions Dunod. 218 pages.

 


A découvrir

Pascal de Lima

Pascal de Lima est un économiste de l'innovation, knowledge manager et Professeur à Aivancity proche des milieux de cabinets de conseil en management. Essayiste et conférencier français  spécialiste de prospective économique, son travail, fondé sur une veille et une réflexion prospective, porte notamment sur l'exploration des innovations, sur leurs impacts en termes sociétaux, environnementaux et socio-économiques. Après 14 années dans les milieux du conseil en management et systèmes d’information (Knowledge manager auprès de Ernst & Young, Cap Gemini, Chef Economiste-KM auprès d'Altran 16 000 salariés - dont un an auprès d'Arthur D. Little...), il fonde Economic Cell en 2013, laboratoire d’observation des innovations et des marchés. En 2017, il devient en parallèle Chef Economiste d'Harwell Management et en 2020, Professeur en économie de l'innovation à Aivancity.

Diplômé en Sciences-économiques de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris (PhD), de Panthéon-Sorbonne Paris 1 (DEA d'économie industriel et de l'innovation) et de Grandes Ecoles de Commerce (Mastère spécialisé en ingénierie financière et métiers de la finance), il anime des conférences sur les métiers de demain dans les Universités et Grandes ecoles.

De sensibilité social-démocrate (liberté, égalité des chances first et non absolue, rééquilibrage par l'Etat in fine) c'est un adepte de la philosophie "penser par soi-même" qu'il tente d'appliquer à l'économie.