La BCE confirme sa stratégie et rassure sur l'Italie !

15 MILLIARDS €
La BCE a réaffirmé sa décision d'arrêter fin décembre les achats nets
d'actifs sur le marché, un programme déjà limité à 15 milliards
d?euros d'achats par mois depuis octobre.

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Les marchés, c’est tout un monde !
Un petit monde.
Un tout petit monde qui joue à analyser les petites phrases des banquiers centraux avec lesquels ils veulent jouer, et contre lesquels ils refusent évidemment d’aller.

En d’autres termes, les marchés c’est « ayons tort tous ensemble plutôt que de prendre le risque d’avoir raison tout seul ».

Je trouve cela très bien que les marchés rebondissent et je ne suis pas favorable par essence au krach qui pourtant a déjà commencé et va se poursuivre avec des mouvements de hausses ou de baisses en fonction par exemple de ce que va dire ou ne pas dire le gouverneur de la BCE.

La BCE calme le jeu sur l'Italie et confirme sa stratégie

La Banque centrale européenne a affiché sa confiance jeudi 25 octobre sur l’issue du bras de fer autour du budget italien et confirmé l’abandon progressif de son vaste soutien à l’économie, malgré les risques pesant sur la conjoncture.

« Sur l’Italie, je n’ai pas de boule de cristal », a prévenu le président de la BCE, Mario Draghi, se plaçant en spectateur d’un débat avant tout « budgétaire » opposant Rome à Bruxelles, deux jours après le rejet par la Commission européenne des propositions italiennes.

Pressé de questions, M. Draghi s’est néanmoins montré « confiant » sur le fait qu’un « accord quelconque » va être trouvé, pour peu que les deux parties fassent preuve de « bon sens ».

Il a dit observer à ce stade une montée « encore modérée » des taux d’intérêt italiens, qui renchérit les emprunts des ménages et des entreprises, mais ne produit pour l’heure que des retombées « limitées » sur d’autres pays.

« Si les taux d’intérêt continuent de monter, cela va réduire la marge de manœuvre budgétaire », a néanmoins ajouté le banquier italien, insinuant que Rome ne pourra pas tout se permettre côté dépenses publiques »…

Voilà ce que raconte l’AFP.

En gros, ils finiront bien par se mettre d’accord, et s’ils ne se mettent pas d’accord, la montée des taux italiens se chargera de calmer les ardeurs dépensières du gouvernement italien puisque le coût de la dette explosera à la hausse, les empêchant de faire n’importe quoi.

Du coup, pour Draghi, c’est circulez, il n’y a rien à voir… ou presque.

Conséquence ?

Les marchés repartent à la hausse et pas qu’un peu.

Pour le reste, Draghi est tout aussi « rassurant ».

Les risques sont « équilibrés »

Au sujet du Brexit, qui figure parmi les risques du moment surveillés par la BCE, M. Draghi a dit travailler avec la Banque d’Angleterre pour identifier les « risques potentiels » d’un divorce sans accord.

Mais globalement, l’institution a jugé, comme les mois précédents, que les risques sur l’économie demeurent « globalement équilibrés », affichant sa sérénité face « au protectionnisme, aux fragilités des marchés émergents et à la volatilité des marchés financiers »… Donc tout va bien.

« La récente série d’indicateurs décevants atteste certes d' »une dynamique plus faible », mais « pas d’un tournant » annonciateur d’une nette dégradation économique, estime Mario Draghi »… Donc tout va bien !

Aussi, l’institution maintient ses scénarios de croissance et d’inflation sur les deux années à venir et a reconduit à l’identique jeudi sa politique monétaire… Re-donc tout va bien, et surtout ne changeons rien.

Enfin, on maintient la stratégie de sortie des QE et de future augmentation des taux d’intérêt…

La BCE a confirmé ses indications de juin et réaffirmé sa décision d’arrêter fin décembre les achats nets d’actifs sur le marché ou « QE » (assouplissement quantitatif), un programme déjà limité à 15 milliards d’euros d’achats par mois depuis octobre.

Les taux directeurs ont été maintenus au plus bas et le resteront « au moins » jusqu’à l’été 2019, une échéance qui sera progressivement précisée l’an prochain. »

Draghi n’a pas dit grand-chose et n’a rien fait… mais c’est suffisant !

C’est suffisant, car Draghi a simplement parlé.

Il s’est montré rassurant.

Les opérateurs de marchés ne pensent pas. Ils ne réfléchissent pas. Pas parce qu’ils sont stupides. Parce que leur métier c’est de jouer la même chose que le voisin et d’être dans la « tendance ». Si c’est considéré comme « positif », alors les marchés vont monter et il faut prendre le train en marche. Si c’est négatif, il faudra au contraire en sauter au plus vite.

Le boulot des marchés ce n’est pas de savoir si ce que dit Draghi est intelligent ou utile. Leur boulot c’est de savoir si ces propos vont être un support à une hausse ou à une baisse.

Les marchés ont choisi la hausse.

Mais… demain, ils choisiront la baisse…

Dans tous les cas, les taux montent et les marchés vont poursuivre par paliers… leur baisse.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Article écrit par Charles Sannat pour Insolentiae


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Charles Sannat

Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l'Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.

Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com

Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.