La BCE va réduire ses prévisions de croissance !

3,7 %
La BCE a revu la croissance annuelle de la Zone euro à la baisse, à
3,7% en 2022

La BCE pourrait encore abaisser ses perspectives de croissance, dit Christine Lagarde la présidente de la BCE, la Banque centrale européenne, dans cette dépêche de l’agence Reuters.

« La Banque centrale européenne (BCE) pourrait être amenée à abaisser une nouvelle fois ses perspectives de croissance alors que les conséquences de la guerre en Ukraine pèsent sur les ménages et les entreprises, a déclaré jeudi sa présidente, Christine Lagarde.

« Les risques sont orientés à la baisse pour la croissance, il pourrait donc y avoir d’autres révisions à la baisse à venir, et à la hausse pour l’inflation », a-t-elle dit lors d’un débat organisé par le Fonds monétaire international (FMI). »

Il y a encore quelques mois lorsque je disais sur Ecorama que l’inflation serait nettement plus durable et plus forte que ce que la BCE disait, on me rétorquait que la BCE ne pouvait pas se tromper par rapport à moi… Et j’avais alors expliqué que la BCE n’est pas là pour vous dire, pour nous dire la vérité mais pour assurer la stabilité de la monnaie (l’euro) utilisée par des centaines de millions de gens en Europe mais aussi dans le monde.

La vérité c’est que la BCE sait très bien ce qu’il va se passer.

Et je vais vous dire exactement ce qui va nous arriver. 

1/ L’inflation est structurellement durable pour un tas de raisons que j’ai déjà expliqué 100 fois, mais rapidement pour ceux qui prendraient le train en marche, en raison de la mondialisation qui n’est plus déflationniste (les Chinois augmentent les prix), de l’énergie de plus en plus chère pour tout le monde, de la transition énergétique et écologique qui est inflationniste (il faut faire des travaux) et enfin de la raréfaction de toutes les ressources. Cette inflation va faire baisser le pouvoir d’achat des ménages et donc la croissance économique. C’est donc moins de croissance économique.

2/ La BCE veut monter les taux d’intérêt et cesser ses rachats d’actifs qui permettent de maintenir les taux d’intérêt à 0 ou même négatifs. Si les taux montent, alors cela va faire baisser le pouvoir d’achat des ménages, et l’investissement des entreprises, et l’immobilier et tout ce qui est financé à partir de l’endettement. C’est donc moins de croissance économique.

Reprenons.

Nous avons une hausse de l’inflation, nous avons également une hausse du prix de l’argent donc des taux d’intérêt, enfin nous avons une hausse très importante des coûts de l’énergie.

Nous allons donc tout droit vers une récession de la même ampleur que celle qui a suivi la crise des subprimes aux Etats-Unis en 2007/2008.

Ce n’est pas une probabilité.

C’est une certitude autant que 2+2=4.

La seule façon que cela ne se passe pas est de changer une des variables. C’est ce qu’avaient fait les banques centrales entre 2010 et 2020 en poussant les taux en territoire négatif pendant presque 10 ans.

Alors évidemment, quand l’argent n’a plus de prix, quand les taux sont négatifs et que l’on est payé pour emprunter et « taxé » pour prêter, il ne faut pas s’étonner de finir par voir l’économie mondiale queue par dessus tête.

Les banques centrales pourraient peut-être encore trouver des nouvelles mesures non-conventionnelles pour relancer un peu plus la croissance, mais je pense que cette fois-ci elles ne le feront pas et qu’elles vont déclencher volontairement une récession.

Pourquoi me demanderez-vous ?

Parce que les récessions sont le seul moyen de faire baisser durablement la demande, et donc la pression sur les matières premières et le ressources naturelles.

Je vous le dis autrement.

Une récession maintenant, c’est la seule manière de faire baisser le prix de l’énergie et de tout le reste et donc de « casser » l’inflation.

Pour être encore plus clair, si vous voulez être écologique et respecter vos engagements de la COP 21, 22 ou 23, il n’y a rien de mieux qu’une bonne récession, car une récession, c’est de la décroissance… tout simplement.

Et quand on manque de tout, décroître est une obligation. 

Accuser Poutine de nos misères sera une aubaine et aidera à faire passer la pilule au bon peuple.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.

Préparez-vous !


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Charles Sannat

Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l'Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.

Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com

Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.