La BCE recule en rase campagne contre les prêts non remboursés

759 milliards d'euros
Les banques de Grèce, d'Italie et du Portugal ploient sur un encours
de créances douteuses de 759 milliards d'euros.

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

La réguuuuulaaaation….

Je lisais, enfin, non, ma femme me lisait la dernière interview de notre ex-président qui n’en revient toujours pas d’avoir été et de ne plus être dans le magazine Marianne.

Et là, ma tendre épouse me glisse dans l’oreille à une heure du matin, « tu sais, on a peut-être été injuste avec Hollande, regarde il dit qu’il a fait l’union bancaire et réglé tous les problèmes de risques en Europe ». Bref, il a été notre sauveur.

J’ai fait remarquer qu’affirmation ne vaut pas argumentation et encore moins que c’est la vérité !!

Bref, notre Hollandouille national croit qu’il a sauvé le monde financier européen grâce à des nouveaux machins totalement impuissants et qui relèvent nettement plus de l’artifice de communication que de la réalité.

C’était ma conviction avant-hier, comme hier soir, et comme aujourd’hui, sauf que l’éclat de rire et la franche rigolade nocturnes grâce à notre ex-mamamouchi (on s’amuse comme on peut dans notre famille) se voient nettement renforcés et confirmés par l’actualité d’aujourd’hui !

Je n’aurais pas rêvé mieux pour crâner auprès de ma tendre moitié ! Ce soir, je pourrai lui dire « tu vois chérie, je t’avais bien dit que tout ça c’est des conneries »… « Y a bien que le tulliste à la retraite qui y croit encore ! »

La BCE envisage de renoncer à des règles sur le stock de prêts non remboursés

Et voilà cette merveilleuse dépêche de l’agence Reuters qui nous apprend que, tenez-vous bien, « la Banque centrale européenne (BCE) envisage de renoncer à imposer des règles qui auraient obligé les banques à constituer des réserves supplémentaires pour couvrir leur stock de prêts non remboursés, au vu des réactions pour le moins négatives que son initiative suscite.

Les banques de la zone euro, en particulier celles de Grèce, d’Italie et du Portugal, ploient sur un encours de créances douteuses (NPL) de 759 milliards d’euros que la BCE veut voir se dégonfler et ces nouvelles règles étaient censées grandement l’y aider.

Mais à présent, la Banque centrale se demande s’il faut encore prendre des initiatives sur le stock de NPL existants « suivant les progrès accomplis par chaque banque prise individuellement », a dit une porte-parole de la BCE, ajoutant que rien n’avait encore été décidé »…

Bon, je sais, ce n’est pas forcément limpide alors je vais traduire pour exprimer clairement un truc somme toute très simple et que vous comprendrez tous bien évidemment !

En gros, les banques font des crédits. À des entreprises, à vous pour de la consommation ou un achat de maison. Bref, du classique.

Quand tout va bien, eh bien vous remboursez votre crédit histoire de garder votre maison.

Quand tout va mal et que vous êtes, hélas, dans la mouise à cause des aléas de la vie, eh bien vous avez des difficultés à rembourser. Parfois, même, on n’y arrive plus. Dans ce cas, votre crédit est considéré comme un NPL, pour non-productive loan, ce qui veut dire en clair crédit moisi que le gus qui l’a contracté ne peut plus rembourser… Il faut donc comptablement le considérer comme irrécouvrable. Dans ce cas, on passe une provision du montant de ce qui reste à rembourser.

Une provision cela vient en moins dans le résultat de la banque. C’est un peu comme une charge, une perte !
Du coup, si vous passez trop de provisions, vous pouvez même vous retrouver en pertes… Votre banque perd de l’argent et le résultat net est négatif (beurk, pas bien, car dans de tels cas, il n’y a pas de dividendes !!).

Alors la BCE, au départ (avec le machin de l’union bancaire, sécurité du système machin toussa-toussa), se disait on va apurer l’ensemble des crédits pourris.

Le système bancaire européen en quasi-faillite

Sauf que la BCE est en train de se rendre compte qu’avec 760 milliards officiels de crédits moisis et sans doute beaucoup plus dans la vraie vie, cela fait un trou. Un gros trou. Un énorme trou !

Un trou tellement gros que personne ne peut le combler pour le moment à coup de passage de provisions progressives et discrètes, ce qui a été la stratégie jusque-là.

En fait, ce que vous devez comprendre de cette information, c’est que le système bancaire européen ne va pas très bien et qu’il croule sous les dettes que les débiteurs n’arrivent plus à rembourser en raison de la politique d’austérité que ces mêmes élites européennes imposent aux peuples.

Bon, les banques sont fragiles.

On le savait.

La BCE vient de le confirmer.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Article écrit par Charles Sannat pour Insolentiae


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Charles Sannat

Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l'Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.

Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com

Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.