Boire un verre de vin par jour augmenterait les risques de cancer

10 grammes
10 gr d'alcool par jour soit un verre de vin

Les études sur les conséquences pour la santé d’un verre quotidien de vin se suivent et ne se ressemblent pas… Des chercheurs viennent de démontrer que boire un verre de vin par jour augmenterait le risque de développer un cancer.

Alors que notre président se vantait le 24 février dernier au Salon de l’agriculture de boire du vin « le midi et le soir », en ajoutant que « Tant que je serai Président, il n’y aura pas d’amendement pour durcir la loi Evin. », une récente étude affirme qu’un verre de vin par jour suffit à augmenter les risques de certains cancers.

Un verre de vin quotidien n’est pas « bon » pour la santé

Nous parlons bien ici de la consommation quotidienne et régulière du vin, même à faible dose. Selon les travaux de la Société américaine de cancérologie (Asco) parus en janvier dernier dans le Journal of Clinical Oncology, boire 10 grammes d’alcool chaque jour, soit l’équivalent d’un verre de vin, augmente de 30 % le risque de développer un cancer de l’œsophage, de 17 % le risque d’avoir un cancer de l’oropharynx et de 5 % pour le cancer du sein.

Cette position vient contrecarrer les nombreuses études prônant les bienfaits du vin sur la santé. Les polyphénols du raisin et l’alcool issu de la fermentation auraient des vertus pour le système cardio-vasculaire. Une étude parue dans le Journal of Agricultural and Food Chemistry vient même d’assurer que les polyphénols présents dans le vin rouge diminueraient les bactéries responsables des caries, de la plaque dentaire et de certaines infections sévères de la gencive. L’Université de Californie a quant a elle mené des travaux concluant que 2 verres de vin ou de bière par jour permettaient de vivre plus de 90 ans… Sans oublier notre Jeanne Calment nationale, qui buvait son verre de vin chaque jour et a vécu jusqu'à 122 ans. Alors comment s'y retrouver ?

Le vin, un alcool comme les autres ?

Comme le rappelait fin février Agnès Buzyn, ministre de la Santé, « le vin est un alcool comme un autre » ; il peut donc être dangereux de s’attarder sur les potentiels bienfaits sur la santé des antioxydants présents dans le vin, comme le précise par ailleurs l’OMS : « la nocivité de l’alcool pèse beaucoup plus que ses éventuels effets protecteurs »... Plusieurs médecins et addictologues ont d’ailleurs signé très récemment une tribune chez nos confrères du Figaro pour rappeler que le vin est tout aussi toxique que les autres alcools. 10 cl de vin, soit un verre de vin à 12°, contient la même quantité d’éthanol que 25 cl de bière à 5° ou 3 cl de whisky à 40°. « Et, en termes de toxicité, c’est bien l’éthanol le responsable, et non pas le breuvage dans lequel on le trouve! » soulignent les experts.

La surconsommation de vin et d’alcool en général demeure un inquiétant problème de santé publique. Ses méfaits sur le foie, notamment, sont réels. Mais l’alcool est aussi à l’origine de nombreux dangers, comme les accidents de la route, les cancers et la dépendance. Un groupe d’experts de l'agence Santé Publique France et de l’Institut national contre le cancer a publié en mai 2017 des recommandations en termes de consommation d’alcool. Selon ces spécialistes, si l’OMS préconise 3 verres par jour de vin pour les hommes et 2 verres pour les femmes et 1 jour d’abstinence pendant la semaine pour éviter la dépendance, il serait plus prudent de parler de 10 verres d’alcool maximum par semaine et 2 jours d’abstinence comme suit : boire au maximum 2 verres par jour pendant 5 jours puis se restreindre à l’abstinence les 2 jours qui suivent. L'idée est évidemment d'éviter la dépendance à l'alcool, qui tue près de 50 000 personnes par an.

Rappelons que pour les femmes enceintes, la consigne est le « zero alcool ».

 


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Aurélie Giraud

Aurélie Giraud, juriste de formation, titulaire d'une maîtrise de droit public (Sorbonne, Paris I), est journaliste à Economie Matin, après avoir travaillé comme correctrice et éditrice sur de nombreux manuscrits de livres, dont ceux de son mari, Jean-Baptiste Giraud, puis secrétaire de rédaction.