Les bons plans pour aller à l'opéra et au concert sans se ruiner, Paris 2022/2023

15 EUROS
Les prix de l'Opéra de Paris commencent à 15 euros hors promotions.

Les saisons musicales viennent d’être annoncées, comme tous les ans, voici notre article sur les «bons plans» pour profiter des concerts et de l’opéra à Paris.

Le conseil que nous donnons consiste à s’y prendre à l’avance et à éplucher les programmes. Cette méthode vaut également pour nos lecteurs de province : Lyon, Toulouse, Nantes, Lille, etc. proposent des saisons de qualité à des prix abordables, il faut s’informer au plus tôt afin d’en profiter au mieux, plutôt que d’attendre le dernier moment. Nous conseillons aussi de s’abonner aux newsletters des salles, pour se tenir au courant, et parfois bénéficier d’offres. Nous abordons ici les grandes institutions, mais le mélomane parisien ne manquera pas de regarder également les programmes de l’Opéra Royal de Versailles, de la Salle Cortot, de la Salle Gaveau.

Les habitués noteront l’absence du Théâtre du Châtelet, il n’a tout simplement plus de direction artistique. Après le naufrage entamé par Ruth Mackenzie, nommée par Anne Hidalgo, et qui avait ramené la programmation au niveau d’une MJC de banlieue, il n’y a maintenant quasiment plus rien, hormis quelques reprises de spectacles sans intérêt. Il est tragique de voir ce « beau vaisseau à la dérive » (Télérama). Par ailleurs, l'Opéra Comique présente la sienne en décalé (de janvier à janvier), nous y reviendrons.

L’Opéra de Paris, un programme varié et alléchant

Le directeur de l’Opéra de Paris, Alexandrer Neef, présente une saison qui reprend des productions éprouvées comme le splendide Tristan et Isolde de Wagner avec les vidéos de Bill Viola, deux belles réussites du metteur en scène Robert Carsen avec La Flûte enchantée et Les Capulet et les Montaigu ou La Cenerentola mise en scène par Guillaume Gallienne. Parmi les nouvelles productions, on notera un Ariodante de Haendel, mis en scène par Robert Carsen, décidemment très présent mais on l’aime tellement, Peter Grimes de Britten, Hamlet d’Ambroise Thomas, Nixon in China de John Adams, Roméo et Juliette de Gounod. Un programme varié et alléchant que l’on retrouve pour le ballet avec des reprises de classiques comme Le Lac des cygnes, Balanchine, Béjart (son hypnotique Boléro !), Kenneth McMillan (Mayerling, L’Histoire de Manon), l’entrée au répertoire de Kontakhof (1978) de Pina Bausch, ainsi que des créations dont le très prometteur The Dante Project du talentueux Wayne McGregor sur une musique de Thomas Adès, un des compositeurs les plus doués de notre époque.

Comment assister à ces spectacles sans se ruiner, car on assite à une augmentation des tarifs depuis plusieurs années, notamment dans le ballet qui rejoint les prix de l’opéra ? On peut bien sûr s’abonner, même s’il n’est pas forcément pratique de bloquer des dates un an à l’avance. Sinon une bonne solution consiste à acheter ses places à l’unité environ trois mois à l’avance, en respectant le calendrier d’ouverture des réservations : par exemple, pour voir La Flûte enchantée (du 17 septembre au 19 novembre 2022), il faudra se connecter au site le 31 mai à 12 heures. On peut ainsi acquérir des places dans toutes les catégories, dont plusieurs sont bon marché, mais il ne faut pas traîner car elles partent en quelques minutes. Il existe aussi un excellent dispositif fonctionnant tout au long de l’année : la Bourse aux billets officielle qui permet la revente de billets entre spectateurs en toute transparence et sans commissions, avec souvent des prix attractifs. Il existe aussi plusieurs offres spécifiques (notamment les avant-premières à 10 euros pour les moins de 28 ans).

Le Théâtre des Champs-Elysées, de l’opéra au récital

Le Théâtre des Champs-Elysées propose une programmation éclectique : l’opéra (reprise du magnifique Orphée et Eurydice de Gluck par Robert Carsen, et en nouvelles productions La Périchole d’Offenbach mise en scène par le talentueux Laurent Pelly, La Bohème, Le Rossignol/Les Mamelles de Tirésias), des opéras et oratorios en version de concert (toujours sur-titrés, une excellente initiative, il faut le signaler), des concerts symphoniques, qui permettront notamment d’entendre des jeunes chefs talentueux (Jakub Hrusa et le Philharmonique de Vienne, Lahav Shani et Rotterdam, Mirga Grainyt-Tyla et Birmingham), le très bon Orchestre de chambre de Paris pour douze concerts, des récitals de chant (Joyce DiDonato, Matthias Goerne, Julie Fuchs, Renée Fleming, Peter Mattei, Natalie Dessay…), de piano (Igor Levit, Sunwook Kim, Leif Ove Andsnes, Fazil Say, Nikolaï Lugansky dans une intégrale Rachmaninov), sans oublier le ballet (Ballet de Kiev, du Capitole de Toulouse, English National Ballet).

Il existe des formules d’abonnement, qui offrent des réductions. Pour les places à l’unité, la vente sur le site pour les spectacles de la saison commencera le jeudi 2 juin à 10h pour les catégories 1 à 4 (le 8 septembre pour la catégorie 5). La dernière catégorie (visibilité faible ou nulle) à 5 euros, est mise en vente le jour même deux heures avant la représentation (contre une heure auparavant). Il existe aussi une Bourse aux billets, qui permet de trouver des places bon marché.

La Philharmonie, un programme plantureux

Commençons par noter un changement important : à partir de la saison 2022/23, les concerts en soirée débuteront à 20h au lieu de 20h30. La Philharmonie de Paris est la demeure de l’Orchestre de Paris que l’on retrouvera pour une trentaine de concerts, parmi lesquels on notera la Turangalila-Symphonie de Messiaen par Salonen, la 2e symphonie « Résurrection » de Mahler par Klaus Mäkelä, son directeur musical, le superbe Concerto pour orchestre de Lutoslawski par Karina Canellakis, la 4e de Chostakovitch par Jukka-Pekka Saraste. Plusieurs orchestres internationaux seront à l’affiche (Philadelphia Orchestra, London Symphony Orchestra, Concertgebouw, San Francisco, The Met Orchestra…), ainsi que les grandes voix (Matthias Goerne, Sabine Devieilhe, Cecilia Bartoli, Marie-Nicole Lemieux, Angela Gheorghiu…) et les récitals (Pierre-Laurent Aimard, Yo-Yo Ma dans l’intégrale des suites pour violoncelle de Bach, Piotr Anderszewski, Khatia Buniastishvili, Elisabeth Leonskaja, Maria João Pires, Maurizio Pollini, Alexandre Kantorow, Lucas Debargue, Arcadi Volodos, Nicholas Angelich…). À noter deux projets hors-normes : l’opéra Freitag aus Licht de Stockhausen (14 novembre) et le film Metropolis de Fritz Lang sur une musique du très doué Martin Matalon (19, 20 mai).

Les formules d’abonnement ouvrent le 7 avril 2022 (l’abonnement jeune le 11 avril), mais il faut surtout noter dans son agenda le lundi 9 mai à 12h pour l’ouverture sur le site de l’achat des places à l’unité pour l’ensemble des concerts de la saison. Premiers arrivés, premiers servis, surtout que les places de dernière catégorie à 10 euros, mais offrant une excellente visibilité, ne seront disponibles qu’à ce moment, soit un imbattable rapport qualité/prix. Ceci dit, les catégories supérieures demeurent tout à fait abordables, la salle Pierre Boulez, la grande salle de la Philharmonie, offre des tarifs très accessibles, il faut s’en féliciter. Si l’on se décide seulement quelques jours avant le concert, outre le site lui-même bien sûr, on ira faire un tour sur la Bourse aux billets qui permet souvent de trouver des places bon marché.

Radio France, une riche saison

La « maison ronde » vient de présenter sa saison 2022-2023, et on y trouve d’intéressantes propositions. L’essentiel des concerts sont assurés par les deux formations de la maison, l’Orchestre national de France et l’Orchestre Philharmonique de Radio France, mais quelques formations peuvent aussi jouer dans le magnifique auditorium (comme Le Poème harmonique dans des ballets de Lully/Molière le 20/9). On retiendra notamment la 2e de Mahler par le Philharmonique et son directeur musical Mikko Franck (29, 30/10), l’excellent Stéphane Denève à la tête du Philharmonique dans un programme Rachmaninov (9/11), Offenbach les 30 et 31 décembre, cinq concerts autour de Nadia Boulanger en janvier, deux compositeurs de musique de films mis à l’honneur, Lalo Schifrin (3/2) et Howard Shore (12, 13, 14/5), Pelléas et Mélisande en version de concert par le National dirigé par Susanna Malkki (3, 5/3), la création du Concerto pour violon de la jeune et talentueuse compositrice Camille Pépin (27/4), la 9e de Bruckner par Marek Janowski qui revient diriger le Philharmonique.

Les abonnements viennent d’ouvrir, il existe une intéressante formule pour les moins de 28 ans (4 concerts pour 28 euros). La vente des concerts à l’unité se fait le 1er juin, et pour les places de la 5e et dernière catégorie à 10 euros, où la vue est parfaite, soit un exceptionnel rapport qualité/prix, elle se fait le 1er juin pour les concerts de septembre à novembre, le 4 octobre pour les concerts de décembre à février, le 3 janvier pour les concerts de mars à juillet. Des dates à noter dans son agenda. Il existe aussi un tarif de dernière minute à 25 ou 10 euros. Une nouveauté : on peut échanger son billet contre un concert d’une autre date, dans la limite de quatre concerts par an (mais il n’y a pas encore de Bourse d’échange comme dans les autres salles).


A découvrir

Philippe Herlin

Philippe Herlin est économiste, Docteur en économie du Conservatoire National des Arts et Métiers, il a publié plusieurs ouvrages chez Eyrolles et rédige des chroniques hebdomadaires pour Goldbroker.

Il écrit tous les vendredis un article sur l'art et la culture vus à travers l'économie, et intervient ponctuellement sur d'autres sujets.

Son site : philippeherlin.com.