Les bons plans pour aller à l'opéra et au concert sans se ruiner, la saison 2018-2019

10 euros
La Philharmonie de Paris propose des places avec une excellente
visibilité à partir de 10 euros.

Les programmes 2018-2019 des grandes institutions musicales parisiennes sont sortis. Comme les années précédentes, nous reprenons notre guide des bons plans pour se rendre à l’opéra et au concert sans trop dépenser.

Le principal conseil que nous pouvons donner consiste à s’y prendre à l’avance et à récupérer les programmes de la saison 2018-2019, la consultation étant souvent plus aisée que les sites Internet. Cette méthode vaut également pour nos lecteurs de province : Lyon, Toulouse, Nantes, Lille, etc. proposent de belles saisons à des prix abordables, il faut épluchez les programmes. Nous abordons ici les grandes institutions, mais le mélomane parisien ne manquera pas de consulter également les programmes de grande qualité de l’Opéra Royal de Versailles, de l’Auditorium du Louvre, de la Salle Cortot, des concerts Jeunes Talents dans le Marais. Le Théâtre du Châtelet est fermé pour travaux, il rouvrira en 2019, tandis que la Salle Gaveau va être vendue en juin mais sa vocation musicale devrait perdurer…

Commençons par l’Opéra de Paris qui propose une saison de très haut niveau dans ses deux salles, le Palais Garnier et l’Opéra Bastille, et qui fêtera les 350 ans de sa naissance. Parmi les nouvelles productions, on notera la mise à l’honneur du "grand opéra français" avec Les Troyens de Berlioz et Les Huguenots de Meyerbeer, le superbe opéra de Chostakovitch, Lady Macbeth de Mzensk, de nouvelles mises en scène de Don Giovanni de Mozart et de Simon Boccanegra de Verdi, la création de Bérénice de Michael Jarrell d’après la pièce de Racine. Parmi les reprises on insistera particulièrement sur Tristan et Isolde de Wagner avec les fascinantes vidéos de Bill Viola. Côté ballets, les grands classiques (Le lac des cygnes, Cendrillon) voisineront avec les chorégraphes contemporains (Mats Ek, Neumeier, Ohad Naharin, Mc Gregor).

Comment assister à plusieurs de ces spectacles sans trop dépenser ? On peut bien sûr s’abonner, même s’il n’est pas forcément pratique de bloquer des dates un an à l’avance. Sinon une bonne solution consiste à acheter ses places à l’unité environ trois mois à l’avance, et pour cela l’Opéra de Paris a établi un calendrier d’ouverture des réservations : par exemple, pour voir Les Huguenots, qui commencent le 28 septembre, il faudra se connecter au site le 29 mai à 9 heures. On peut ainsi acquérir des places dans toutes les catégories, dont plusieurs sont bon marché, mais il ne faut pas traîner parce qu’elles partent en quelques minutes. Il existe aussi un excellent dispositif fonctionnant tout au long de l’année : la Bourse aux billets officielle qui permet la revente de billets entre spectateurs en toute transparence et sans commissions, avec souvent des prix attractifs. Reste enfin les solutions le jour même : 32 places debout à 5 euros à Bastille (en haut sur les côtés) mises en vente 1h30 avant le début de la représentation, et une centaine à visibilité réduite à 10 euros à Garnier proposées à l’ouverture des guichets de Garnier à 11h30. Les moins de 28 ans bénéficient d’une opération spéciale avec des avant-premières à 10 euros seulement, les places sont mises en vente sur le site environ un mois avant la représentation. Signalons également 6 soirées offrant des tarifs réduits (-40%) aux moins de 40 ans (ouverture des ventes le 22 juin) et 4 soirées à prix cassés pour les familles qui ne sont jamais venues à l’Opéra (inscription sur le site le 3 octobre). Des réductions de prix sont par ailleurs proposées pour certains spectacles le long de l’année. Quoi qu’il en soit, créez-vous un compte sur le site de l’Opéra pour être averti des différents modes de réservation.

L’Opéra Comique, lui, présente sa saison en décalé, de janvier à janvier. En octobre on pourra voir Orphée et Eurydice de Gluck, en novembre Donnerstag aus Licht de Stockhausen, une œuvre contemporaine marquante de l’un des grands compositeurs du second vingtième siècle, et en décembre Hamlet d’Ambroise Thomas. Les formules d’abonnement sont bien sûr déjà ouvertes et les places à l’unité offrent des prix très accessibles mais à la visibilité réduite. On ne manquera pas de fréquenter cette salle au charme inimitable et à la programmation de qualité où les spectacles sont toujours montés avec le plus grand soin.

Autre salle magnifique, véritable splendeur de l’art déco, le Théâtre des Champs-Elysées propose toutes les formes musicales, que ce soit l’opéra mis en scène (La Traviata de Verdi, Ariane à Naxos de Richard Strauss, Iphigénie en Tauride de Gluck), l’opéra et l’oratorio en concert (22 en tout, toujours surtitrés, même les oratorios, ce qui est une excellente initiative), l’orchestre symphonique (l’Orchestre National de France et l’Orchestre de Chambre de Paris, qui y ont leurs habitudes, le prestigieux Philharmonique de Vienne, le Philharmonique de Saint-Petersbourg, le Philharmonia, etc.), le récital de chant (Jonas Kaufmann, Patricia Petibon, Magdalena Kozena, Philippe Jaroussky, etc.), la musique de chambre et le piano (Piotr Anderszewski, Grigory Sokolov, Valentina Lisitsa, Nikolaï Lugansky, Boris Berezovsky, etc.).

Il existe des formules d’abonnement, d’ores et déjà ouvertes, à partir de cinq spectacles, et permettant d’obtenir des tarifs intéressants. Pour les concerts à l’unité, notez la date du lundi 11 juin dans votre agenda puisque l’ensemble des spectacles de la saison seront proposés à la vente. Reste ensuite l’avant-dernière catégorie (visibilité limitée), à 10 ou 15 euros, en vente uniquement au guichet à partir du 5 septembre, et la dernière catégorie (visibilité faible ou nulle) à 5 euros, en vente le jour même une heure avant la représentation. Depuis cette saison, il existe une Bourse aux billets, qui permet de trouver des prix intéressants.

Notons que l’Orchestre de Chambre de Paris fêtera ses 40 ans et que s’il se produit surtout au Théâtre des Champs-Elysées, on pourra aussi entendre cette excellente formation au 104 (le 22 septembre pour la fête du 40e anniversaire, avec des concerts gratuits ou à 5€), à Notre-Dame de Paris (16 et 17 octobre), Salle Cortot et à la Philharmonie.

La Philharmonie de Paris affiche des tarifs très accessibles. La saison propose dans ses deux salles (la Philharmonie proprement dite avec la Grande salle Pierre Boulez et la Cité de la musique) un copieux programme symphonique, mais aussi de la musique de chambre et des musiques du monde. Par sa disposition "en vignoble" autour de l’orchestre, la Philharmonie permet aux spectateurs d’être proche des musiciens, toutes les places offrent une excellente visibilité. Etablir des préconisations serait trop long, il faut se plonger dans l’imposante brochure (408 pages !), plus claire que le site, mais rappelons tout de même que l’on y retrouvera l’excellent Orchestre de Paris, la formation résidente, dirigée par Daniel Harding. Signalons par ailleurs Gustavo Dudamel dans la 4e de Mahler (9 septembre), le Boston Symphony Orchestra (15 et 16 septembre), Alexandre Tharaud dans les trois dernières sonates de Beethoven (22 novembre), Simon Rattle et le London Symphony Orchestra le 17 décembre (il quitte Berlin et prend la direction du LSO), Mitsuko Uchida dans des sonates de Schubert (19 décembre), Valery Gergiev et Munich dans Mahler (16 février), les récitals de Maurizio Pollini (26 février), Radu Lupu (23 mai) et Krystian Zimerman (7 juin).

Il existe des formules d’abonnement, d’ores et déjà ouvertes, mais il faut surtout noter dans vos agendas le lundi 14 mai à 12h pour l’ouverture sur le site de l’achat des places à l’unité pour l’ensemble des concerts de la saison, premiers arrivés, premiers servis ! Surtout que les places de dernière catégorie à 10 euros, mais offrant une excellente visibilité, ne seront disponibles qu’à ce moment, un rapport qualité/prix exceptionnel. Ceci dit, les catégories supérieures demeurent tout à fait abordables. On notera également deux nouveautés qui prendront effet en septembre : une Bourse aux billets, pour acheter et revendre des places (comme à l’ONP et au TCE), et des places à tarif réduit un mardi par mois sur le site.

Radio France bénéficie depuis novembre 2014 d’un superbe auditorium recouvert de bois de 1.600 places. Comme à la Philharmonie, le public est disposé autour de l’orchestre et toutes les places offrent une excellente visibilité, une vraie réussite qui permet de décrypter comment le chef d’orchestre et les musiciens se répondent, on a le sentiment de plonger dans la mécanique symphonique. Les orchestres maisons, l’Orchestre National de France et l’Orchestre Philharmonique de Radio France, sont en vraie symbiose avec leurs chefs, Emmanuel Krivine et Mikko Franck, tous leurs concerts sont à conseiller, vraiment. Parmi les autres concerts, on signalera un hommage à Leonard Bernstein, dont on fête le centenaire de la naissance, plusieurs soirées dédiées au cinéma (Alexandre Desplat, un choix de musique de film de Bertrand Tavernier, Nino Rota, Stanley Kubrick), un concert du Nouvel An, on ne manquera pas non plus Marek Janowski dans la 9e de Beethoven, Temirkanov dans Chostakovitch, Susanna Mälkki dans la Turangalila de Messiaen, Metzmacher dans Dutilleux, Ravel et Debussy. Dans l’Auditorium ou dans le Studio 104, Radio France offre également un copieux programme de musique de chambre, de la musique chorale, du jazz ainsi que le traditionnel Festival Présences consacré cette année au captivant compositeur allemand, Wolfgang Rihm.

Comme à la Philharmonie, les prix sont très abordables. Les abonnements viennent d’ouvrir, il existe une intéressante formule pour les moins de 28 ans (4 concerts pour 28 euros). Des tarifs de dernière minute (10 euros) sont proposés 30 minutes avant le début du concert, lorsqu’il reste des places, à Radio France ou sur le site Internet. La vente des concerts à l’unité commence le vendredi 1er juin à 10 heures, elle permet d’accéder aux places de la 5e et dernière catégorie à 10 euros, soit un exceptionnel rapport qualité/prix.

Prenez le temps d’éplucher ces programmes, il y a là de quoi vivre des moments inoubliables !


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Philippe Herlin

Philippe Herlin est économiste, Docteur en économie du Conservatoire National des Arts et Métiers, il a publié plusieurs ouvrages chez Eyrolles et rédige des chroniques hebdomadaires pour Goldbroker.

Il écrit tous les vendredis un article sur l'art et la culture vus à travers l'économie, et intervient ponctuellement sur d'autres sujets.

Son site : philippeherlin.com.