Bore-out : un premier cas reconnu par la justice comme harcèlement

15 %
Le bore-out concernerait 15% des salariés.

Moins connu, car moins répandu dans le milieu du travail, le « bore-out » n’en est pas moins un harcèlement à l’encontre du salarié. C’est ce qu’a confirmé la Cour d’appel de Paris dans un jugement qui pourrait bien entraîner un changement majeur dans le monde du travail et les conflits entre salariés et chefs d’entreprise.

Le Bore-out : l’inverse du Burn-out

Le principe du Bore-out est assez simple à comprendre : c’est tout simplement l’inverse du Burn-out. Le deuxième concerne un « trop plein » de travail et de pression pour le salarié, contraint de faire des heures supplémentaires pour terminer ses missions ou de ne pas les terminer au risque d’être réprimandé par ses supérieurs. Naturellement, il ne s’agit pas d’une période courte de surplus de travail, mais bien d’une longue période qui entraîne une dégradation de la santé physique et mentale du salarié.

À l’inverse, le Bore-out est… l’absence de travail. C’est le principe de la « mise au placard », mais exacerbée. Le salarié n’a plus rien à faire, les missions qui lui sont confiées ne correspondent pas à son niveau hiérarchique ou de compétences… tout en devant malgré tout faire acte de présence. Il s’épuise ainsi à cause du manque d’activité.

Une première décision qui reconnaît le Bore-out en France

L’affaire jugée par la Cour d’appel de Paris le 2 juin 2020 concerne bien une situation de ce type : elle remonte à 6 ans auparavant.

Frédéric Desnard, responsable des services généraux chez Interparfum, a été licencié après six mois d’arrêt maladie liés à une crise d’épilepsie survenue en voiture. Il estimait que cette crise était liée à la situation professionnelle dans laquelle il était.

Cadre supérieur, il a été relégué à simple assistant : il était ainsi chargé de la programmation de la tablette et même du fer à repasser de son employeur, selon les informations de FranceInfo. De quoi l’ennuyer fortement, ce qui a causé une dégradation de sa santé mentale et physique aboutissant à sa crise d'épilepsie.

Après un premier jugement en sa faveur en 2018 au Conseil des Prud’hommes, qui a jugé possible de « présumer de l’existence d’un harcèlement moral » du fait de sa placardisation, c’est désormais la Cour d’appel de Paris qui reconnaît son employeur comme coupable de harcèlement. Reconnu invalide depuis son accident, il obtient 50.000 euros de dommages et intérêts.


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