Pourquoi la Bourse a peur du Coronavirus ?

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Le CAC40 a perdu 2,68% le 27 janvier 2020.

Les Bourses du monde entier encaissent la crise sanitaire en cours en Chine : lundi 27 janvier 2020 elles ont toutes fermé en forte baisse, le CAC40 ayant perdu 2,68%, par exemple. Pourtant, le virus n’inquiète pas plus que ça les autorités sanitaires… pourquoi la Bourse a-t-elle autant peur de l’épidémie qui pourrait devenir pandémie ?

Le Coronavirus de 2019… moins dangereux que celui de 2002

Même virus, autre souche… le 2019-nCov, la souche de Coronavirus qui frappe la Chine et plusieurs autres pays du monde en ce début d’année 2020, fait partie d’une famille de virus très connus. En fait, la majorité des personnes dans le monde a déjà contracté un Coronavirus… car il s’agit tout simplement d’un des virus causant le rhume ou, de manière plus grave, une pneumonie.

La nouvelle souche 2019-nCov n’est d’ailleurs même pas, selon les spécialistes, la plus dangereuse que l’homme a contractée. L’épidémie de 2002-2003 était liée à la souche Sras-Cov et avait un taux de mortalité de 10%… contre 3% pour la souche 2019-nCov. D’ailleurs, le virus Sras-Cov n’avait fait que 774 morts sur 8.346 contaminations… dans le monde entier.

Si ça vous paraît beaucoup, faites la comparaison avec la grippe : en France, durant la période 2017-2018, on a compté plus de 4.500 décès liés à la grippe.

Pourquoi la Bourse a peur ?

Le Coronavirus est certes dangereux, on compte plus de 80 décès, le lundi 27 janvier 2020, pour plus de 2.000 cas confirmés, il est loin d’être le pire virus qu’il soit possible de contracter, loin de là. Mais alors, pourquoi la Bourse s’inquiète ?

En fait, les marchés ne s’inquiètent pas du tout des quelques centaines de morts que le coronavirus peut causer. Si le CAC40 a chuté de 2,68%, le Nikkei de 2,03%, le FTSE100 de Londres de 2,29% et que la Bourse de Francfort a perdu 2,74%, c’est à cause de l’impact économique du virus sur la croissance mondiale.

Le virus a frappé la Chine, tout comme en 2003 le Sras-Cov. Sauf qu’entre temps, le poids économique de la Chine a explosé : au début des années 2000, le PIB chinois pesait moins de 10% du PIB mondial alors qu’aujourd’hui le pays pèse quasiment 20%. Une crise économique en Chine serait donc catastrophique pour l’économie mondiale, et c’est de ça que les marchés ont peur.

Arrêt de la production et fermeture des frontières

L’épidémie peut amener les pays à fermer leurs frontières, par exemple. La Mongolie a déjà décidé de le faire. De fait, la circulation des personnes serait entravée et le business bloqué.

De même, l’épidémie peut bloquer la production dans les usines : le gouvernement chinois a placé 56 millions de personnes en quarantaine ce qui, forcément, provoque des problèmes dans certaines entreprises. Le tourisme est déjà entravé en Chine avec la fermeture des sites les plus touristiques. Et la consommation en prend un coup… en particulier le luxe, fortement sanctionné en Bourse pour une simple raison : quand on craint de contracter un virus dangereux on n’a pas tendance à aller acheter des parures de bijoux, des sacs à main et des chaussures.

Si l’épidémie prend de l’ampleur et qu’elle se propage à d’autres pays, ce qui est déjà le cas mais la situation est, jusqu’à présent, sous contrôle, de telles mesures pourraient être adoptées ailleurs qu’en Chine, accentuant les risques économiques.


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