Bruno Le Maire en colère contre Airbnb

10 MILLIONS
L'an dernier, 10 millions de Français ont utilisé les services
d'Airbnb.

En payant moins de 100 000 euros d'impôts pour l'exercice 2016, Airbnb a soulevé la polémique. Bruno Le Maire entend bien surfer sur cette controverse pour pousser le débat sur la fiscalisation des plateformes du numérique en Europe.

« Inacceptable » : c'est ainsi que le ministre de l'Économie a qualifié la situation fiscale d'Airbnb devant l'Assemblée nationale. La France est le second marché mondial de la plateforme de mise en relation entre particuliers et propriétaires avec plus de 400 000 annonces et des millions d'euros d'encaissés pour les locations. Mais de cet argent, le fisc français n'en voit pas la couleur : le gros de l'activité d'Airbnb dans l'Hexagone transite en effet par la filiale irlandaise, un pays où la fiscalité des entreprises est bien plus douce qu'en France avec un impôt sur les sociétés de 12,5%, contre 33% en France.

Taxation du numérique

« Ce sont des dizaines de millions de chiffre d'affaires réalisées par ces plateformes du numérique et seulement quelques dizaines de milliers d'euros qui sont perçues par le Trésor public français », s'est indigné le locataire de Bercy, qui vise non seulement Airbnb, mais également toutes les entreprises aux  activités majoritairement en ligne, comme Google, Amazon ou encore Apple. Ces dernières savent parfaitement tirer les ficelles de l'optimisation fiscale en Europe. Et c'est justement sur le terrain européen que Bruno Le Maire veut jouer.

Proposition commune de la France et de l'Allemagne

Une proposition franco-allemande sera déposée sur la table le 15 septembre, pendant le conseil des ministres européens qui se tiendra en Estonie. Il s'agira d'un texte centré sur la fiscalité des plateformes du numérique, que le ministère de l'Économie espère faire passer ensuite à la Commission européenne, puis au conseil européen de décembre qui réunira les chefs d'État et de gouvernement. « Chacun doit payer une juste contribution », estime Le Maire.


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Olivier Sancerre

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.