Bruxelles s'oppose à la fusion entre Alstom et Siemens

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Margrethe Vestager, la commissaire européenne à la Concurrence, n'a
rejeté un projet de fusion qu'à trois reprises.

C’est la déception du côté du gouvernement français : Bruxelles s’oppose en effet à la fusion entre Alstom et Siemens. Paris voulait créer un « champion européen » du ferroviaire.

La Commission européenne a douché les espoirs du gouvernement qui soutenait le rapprochement entre Alstom et Siemens. Avant même la décision négative de Margrethe Vestager, la commissaire européenne à la Concurrence, Bruno Le Maire s’était dit déçu par ce « non ». Sur France 2, le ministre de l’Économie a ainsi qualifié cette décision d’« erreur économique » et de « faute politique », qui dessert les intérêts de l’Europe vis à vis de la Chine. Le champion européen du ferroviaire et de la signalisation qu’aurait constitué l’attelage Alstom-Siemens aurait eu le même poids que le « grand champion industriel chinois », soutient le patron de Bercy. Des arguments qui n’ont manifestement pas pesé lourd à Bruxelles.

Coup dur pour Paris

Margrethe Vestager a ainsi expliqué que l’opposition de la Commission européenne à cette concentration reposait sur le fait que les deux entreprises ne montraient aucune disposition pour remédier aux « importants problèmes de concurrence » relevés par les services à la concurrence. Sans mesures compensatoires suffisantes, la fusion aurait entraîné une « hausse des prix pour les systèmes de signalisation qui assurent la sécurité des passagers et pour les futures générations de trains à très grande vitesse ». Or, pour l’exécutif européen, il n’est pas question de voir les prix des billets augmenter.

Grandes coopérations

La commissaire ne nie pas l’intérêt des « grandes coopérations » dont l’Europe a besoin. Mais elle relève aussi que « tout notre écosystème est plus fort s'il ne dépend pas entièrement d'une ou de quelques entreprises géantes ». C’est la troisième fois seulement que Margrethe Vestager interdit ainsi une fusion depuis 2014 et le début de son mandat. La Commission européenne n’a rejeté un projet de concentration qu’une trentaine de fois sur 6 000 demandes.


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