Budget : 50 milliards d'économies, c'était pipeau

2,7 %
Le gouvernement conserve son objectif de 2,7% de déficit public en
2017.

Les vannes des finances publiques sont ouvertes et le gouvernement ne manque pas d'y puiser généreusement. En cette année de préparation avant l'élection présidentielle, l'exécutif a ouvert les cordons de la bourse à des électeurs potentiels.

Les secteurs de l'éducation et de la jeunesse (3 milliards), ainsi que ceux de l'emploi (2 milliards) et de la sécurité (2 milliards) vont obtenir des crédits supplémentaires l'année prochaine. Les collectivités locales vont également bénéficier d'une minoration de la baisse prévue, comme l'avait promis François Hollande durant le Congrès des maires (1,2 milliard d'euros de moins que les 2,8 milliards prévus).

Débat d'orientation sur les finances publiques

En tout et pour tout, le budget 2017 de l'État devrait augmenter de 3,3 milliards d'euros, d'après le ministère des Finances qui a remis aux députés un rapport qui servira de base au débat d'orientation sur les finances publiques programmé pour ce jeudi 7 juillet. Contrairement à la doctrine officielle selon laquelle une dépense nouvelle est compensée par une économie nouvelle, le budget prévu pour 2017 se montre plus… souple.

« Les crédits de l'Etat, hors dotations aux collectivités territoriales, sont relevés d'environ 5,6 milliards » par rapport à ce qui était programmé dans le programme de stabilité, peut-on lire dans ce rapport. Pourtant, les lettres de cadrage envoyées plus tôt cette année sont caduques. Le gouvernement demandait aux ministères un effort global de 2 milliards d'euros…

La France jette ses promesses par dessus bord

La France s'était pourtant engagée à économiser 50 milliards d'euros sur la période 2015 à 2017, histoire de rentrer dans les bonnes grâces de la Commission européenne, qui voyait d'un mauvais œil le déficit public du pays. Malgré tout, l'objectif de déficit reste fixé sur 2,7% l'année prochaine, un miracle qui devrait s'accomplir en augmentant certaines recettes comme celles issues de la lutte contre la fraude fiscale.

En tout et pour tout, sur la durée de la législature, la diminution des dépenses de l'État sera de 5 milliards d'euros (hors charge de la dette), se réjouit le rapport de Bercy. Les largesses consenties par le gouvernement ces derniers temps risquent de peser lourd.


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