Budget : Bruxelles ne croit pas aux économies de Macron

87,2 %
La dette moyenne des pays de l'Union Européenne sera de 87,2 % en
2018.

Emmanuel Macron a beau tenter le tout pour le tout, ses équipes n’arrivent toujours pas à convaincre Bruxelles du bien fondé de ses réformes au niveau du déficit public et de la dette du pays. 2018 sera une année charnière : la France peut enfin réussir à sortir de la procédure pour déficit excessif. Bruxelles pense même que c’est faisable mais prévient le gouvernement : il va falloir faire mieux.

Le déficit à 2,9 % en 2018 mais un déficit structurel qui augmente

La procédure de déficit excessif est lancée depuis plusieurs années : les pays sont en effet tenus, dans le cadre du Pacte de Stabilité, d’avoir un déficit public inférieur à la barre des 3 %, seuil que la France a dépassé sous François Hollande. Emmanuel Macron et ses équipes devraient toutefois réussir à en sortir grâce à des déficits estimés par Bruxelles à 2,9 % en 2017 et 2018. Une estimation confirmée le mercredi 22 novembre 2017 par la Commission Européenne qui pense que la France réussira à sortir de la procédure au printemps 2018.

C’est une bonne chose… ou presque : selon Bruxelles le déficit structurel du pays devrait, par contre, augmenter en 2018. De 0,1 % très précisément. Le déficit structurel est le déficit public calculé en ne tenant pas compte de la conjoncture économique, soit le déficit qui est toujours là.

En effet, l’économie en France repart et avec elle les rentrées d’argent (impôts, etc...). Ainsi le pays peut dépenser plus tout en réduisant son déficit public. Mais cette augmentation de la dépense augmente le déficit structurel. C’est ce que craint fortement Bruxelles.

L’augmentation du déficit structurel inquiète Bruxelles

Bruxelles estime donc que la France va dépenser plus mais faire rentrer encore plus d’argent. Une bonne nouvelle pour le déficit public mais l’augmentation du déficit structurel inquiète : la Commission Européenne veut que les pays de l’Union réduisent leur dette.

Les traités internationaux prévoient une dette de moins de 60 % du PIB et la France est loin du compte : fin 2018 la dette devrait être de 96,9 % du PIB. Trop élevée et, surtout, plus élevée que la moyenne des pays européens, soit 87,2 %.

Ainsi, l’augmentation du déficit structurel fait craindre à la Commission Européenne que la France pourrait ne pas être en conformité avec les objectifs qui lui ont été donnés : assainir ses comptes publics.


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Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.

 

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