Carburant à « prix coûtant » ? Attention, vous risquez d'y perdre de l'argent

40 MILLIARDS €
Les consommateurs sont taxés sur les carburants à hauteur de 40
milliards d'euros par an

Avec la hausse du prix du carburant en France, poussée par la hausse du prix du pétrole et les tensions sur le marché, certaines enseignes de grande distribution ont lancé des opérations « carburant à prix coûtant » pour attirer les automobilistes. Des prix d’appel qui, s’ils sont effectivement moins élevés, peuvent en réalité coûter de l’argent. Tout dépend de la distance…

Des économies très limitées sur le carburant « à prix coûtant »

En France, en réalité, en dehors des périodes de soldes fixées par le gouvernement, les commerçants ont l’interdiction de vendre leurs produits à perte. Au mieux, et c’est très rare, ils peuvent décider de ne pas faire de marge sur la vente ; en ajoutant le coût de la vente en elle-même, cela leur fait effectivement perdre de l’argent… et c’est ça le « prix coûtant ».

Or, pour le carburant, le problème est que la marge est très limitée : 60% du prix du carburant est composé de taxes, plus de 10% représente le coût de distribution… et le reste l’achat du produit en lui-même. Sur un litre d’essence ou de gasoil, le gain du commerçant ne représente que quelques centimes, et c’est sa seule marge de manoeuvre.

Par rapport au prix de vente en temps normal, les ventes annoncées comme « à prix coûtant » ne permettent donc que des petites économies : si le commerçant baisse son prix de 5 centimes le litre, sur un réservoir de 40 litres, cela ne fera que 2 euros de gain, en cas de plein, pour l’automobiliste.

Est-ce que ça vaut la peine de se déplacer pour acheter du carburant à prix coûtant ?

L’automobiliste intéressé par une opération « carburant à prix coûtant » va donc devoir faire quelques calculs pour savoir s’il lui convient de se déplacer ou non. Car tout dépend de la distance à parcourir et de la consommation de la voiture.

Bien évidemment, si la station-service qui vend à prix coûtant est la plus proche de chez lui, les économies sont réelles. Mais dans d’autres cas, se déplacer pourrait, en définitive, être une mauvaise affaire.

Prenons un exemple : une voiture roulant à l’essence SP95-E10 avec un réservoir de 50 litres et une opération « prix coûtant » qui fait baisser le prix au litre de 5 centimes. Le gain sera de 2,5 euros sur un plein (50*0,05 euro). Au prix de l’essence SP95-E10, environ 1,50 euro le litre en moyenne en France, l’économie représente environ 1,6 litre d’essence. Il faut donc, pour que se déplacer à la station service soit rentable, que le trajet aller-retour consomme moins de 1,6 litre, soit 0,8 litre aller.

Supposons maintenant que la voiture en question consomme 6 litres aux 100 km : elle consommera 0,8 litre pour parcourir 13,3 kilomètres. Si la station-essence est située à plus de 13 kilomètres du domicile (26km aller-retour), in fine, l’automobiliste aura dépensé plus en carburant pour s’y rendre que ce qu’il aura économisé à la pompe.


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