Carrefour ne veut pas d'un impôt exceptionnel

7,8  %
Carrefour a enregistré une hausse de ses ventes de 7,8 % en 2020.

Y aura-t-il un impôt « COVID » exceptionnel touchant les grandes entreprises ayant su tirer leur épingle du jeu durant la crise sanitaire ? Alexandre Bompard, le PDG de Carrefour, s'y oppose.

Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste, a déclaré dans Le Monde qu'il voulait la mise en place d'un impôt exceptionnel qui toucherait ces entreprises « gagnantes » de la crise sanitaire. Un débat qui commence à faire rage à gauche : « Il faut une taxation des bénéficiaires de la crise que sont les GAFA et la grande distribution », expliquait-il. Parmi ces bénéficiaires, on compte le secteur de la grande distribution, et tout particulièrement Carrefour qui a enregistré un chiffre d'affaires de 78,6 milliards d'euros, en hausse de 7,8 % par rapport à 2019 : du jamais vu en vingt ans. L'enseigne est parvenue à dégager un résultat opérationnel courant de 2,1 milliards d'euros (+16,4 %). Alexandre Bompard, le PDG de Carrefour, admet que son groupe a su tirer son épingle du jeu.

La bonne santé de Carrefour

Néanmoins, il assure que cet impôt exceptionnel serait une mauvaise idée. « La mobilisation au quotidien des équipes depuis un an est exceptionnelle », a-t-il indiqué chez RMC/BFM TV. « Si on fait payer à ces gens-là le fait d'avoir été surmobilisés pendant la période, ça me gêne un peu ». Il rappelle aussi que Carrefour a payé 1,7 milliard d'euros d'impôts : « analysons déjà tout ce que nous payons et vous verrez que c'est extraordinairement impressionnant ». En revanche, il appelle à l'équité fiscale : « on paye déjà plus d'impôt que dans tous les pays où nous sommes et puis parce que cette notion d'équité fiscale qui est le coeur même de la règle fiscale n'est pas du tout assurée dans notre métier ».

Équité fiscale avec Amazon

Dans la ligne de mire du dirigeant de Carrefour : le groupe Amazon. Selon lui, le géant américain du commerce en ligne ne paierait pas suffisamment d'impôts et de taxes en France. Les parlementaires devraient s'intéresser davantage à « l'équité fiscale, plutôt que de cibler les grands groupes français », assène-t-il. Et de marteler : « Est-ce qu'à activité égale et à résultat égal, Carrefour paye autant autant qu'Amazon? Non, Carrefour paye beaucoup plus ».


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