La Catalogne bientôt mise sous tutelle devrait déclarer son indépendance pure et simple

255,204 MILLIARDS $
Le PIB de la Catalogne était de 255,204 milliards de dollars en 2012.

Montée des tensions en Espagne et donc en Europe, montée des inquiétudes.

Comme je vous l’ai toujours dit, l’euro est bien plus fragile que le dollar, parce que le dollar est la monnaie d’un pays qui a déjà fait son unité, alors que l’euro est la monnaie d’une Europe bien en peine pour passer à l’étape supérieure de sa construction à savoir… l’Europe unie et fédérale, ne formant plus qu’un État.

Nous voyons bien cet état de fait avec le problème catalan particulièrement prégnant aujourd’hui.

Madrid a convoqué un conseil spécial des ministres qui devrait déclarer samedi (les marchés seront fermés) la mise sous tutelle de la Catalogne en application de l’article n°155 de la constitution espagnole qui permet au gouvernement central de suspendre tout ou partie de l’autonomie d’une région si celle-ci viole ses obligations légales, ce qui est manifestement le cas d’une région déclarant son indépendance.

La Vanguardia, qui est un grand quotidien ibérique, écrivait d’ailleurs toute son inquiétude pour une région ayant une langue et une culture propre, fière de son autonomie ; pour le quotidien, une telle mesure pourrait déclencher un « affrontement civil ».

À ce jeu-là, comme à chaque fois, ce sont les plus motivés qui l’emportent, et les modérés sont rarement entendus, alors qu’évidemment, ils sont très nombreux à ne pas vouloir, à défaut d’une véritable guerre civile, des affrontements violents au sein même de la nation espagnole.

Se réveiller lundi prochain, le 23 octobre, avec un nouveau pays en Europe !

Voilà ce qu’il risque de se passer, et la boîte de Pandore sera ouverte.
L’Europe, qui sape et affaiblit les États-nations pour mieux se construire, en rêve évidemment, même si elle ne le dira pas trop fort.
L’Europe n’a d’ailleurs pas forcément besoin de nouveaux pays mais d’États très affaiblis, ce qui n’est pas tout à fait la même chose, d’où cette volonté de créer des régions très autonomes et de réduire les États nationaux.

La boîte de Pandore sera ouverte, et les Italiens du Nord ne voudront plus de l’Italie du Sud, les Allemands de l’Ouest risquent de ne plus vouloir de ceux de l’Est qui continuent à coûter fort cher, et puis les Écossais voudront se séparer du reste de la couronne.

Et puis l’Italie menace toujours de faire faillite, au moment où l’Espagne est fragilisée, sans oublier le risque d’augmentation des taux des banques centrales, ou encore les problèmes qui pourraient se poser sur l’euro à très court terme.

Bref, la situation est assez complexe pour nous faire à tous une « piqûre de rappel » !

On ne se couvre pas le lundi d’un problème survenu le samedi, on se couvre avant, c’est-à-dire au plus tard le vendredi !

On souscrit son assurance contre le feu, avant l’incendie, et pas après. C’est exactement pour cette raison que les cours de l’or en soi m’indiffèrent totalement.

Et c’est cette nécessité que vient nous rappeler cette histoire de salade ibérique. Nous dansons sur de multiples volcans et le calme apparent, ou la maîtrise de la situation et de la communication que peuvent avoir les autorités et qui est réelle, ne doit pas vous faire oublier les véritables risques.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Article écrit par Charles Sannat pour Insolentiae


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Charles Sannat

Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l'Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.

Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com

Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.