Chine, Inde, Brésil, Argentine : Attention dangers !

6 %
Le PIB indien est en hausse de 6% en glissement annuel.

Même si nous nous y attendions, le ralentissement des économies « émergentes » commence à devenir inquiétant. A commencer par celui de la locomotive du monde dit « émergent » mais aussi de l’économie planétaire, en l’occurrence la Chine. Certes, en juin, les statistiques de production industrielle et de ventes au détail de l’Empire du Milieu ont fait état d’un rebond significatif. Leurs glissements annuels respectifs ont ainsi atteint 6,3% et 9,8%, contre 5,0% et 8,6% le mois précédent.

Pour visualiser les graphiques, merci de consulter le fichier pdf.

Chine : la production industrielle et les ventes au détail rebondissent en juin.

Pour autant, sur l’ensemble du deuxième trimestre 2019, le PIB chinois a poursuivi son ralentissement, affichant un glissement annuel de 6,2%, contre 6,4% le trimestre précédent et encore 6,7% il y a tout juste un an.

Chine et Inde : la croissance ralentit et converge vers 6%.

Pour retrouver un niveau inférieur, il faut remonter au quatrième trimestre 1999. De quoi confirmer que l’économie chinoise ne peut faire des miracles éternellement. Tout comme l’économie indienne d’ailleurs, qui affiche désormais un glissement annuel du PIB de 6%, contre 6,6% au quatrième trimestre 2018 et encore 7,8% il y a un an.

Accompagnant ces décélérations économiques, les taux de change connaissent également des évolutions heurtées et baissières.

Le renminbi se rapproche des 7 yuans pour un dollar.

Depuis la fin 2018, le renminbi revient ainsi « flirter » avec les 7 yuans pour un dollar, contre par exemple 6,20 début 2018.

70 roupies indiennes pour un dollar.

De même, en dépit d’une légère appréciation depuis le début 2019, la roupie indienne se stabilise autour des 70 pour un dollar, contre un niveau de 65 il y a un an et de 45 en 2010-2011.

La troisième économie émergente de la planète, en l’occurrence le Brésil, s’inscrit encore bien plus bas sur l’échelle du dynamisme économique, puisque son PIB a reculé de 0,2% au premier trimestre 2019, maintenant le real proche des 4 pour un dollar.

La croissance brésilienne rechute, maintenant le real sur des bas niveaux.

Mais cette déconvenue apparaît bien limitée au regard de l’effondrement de la deuxième économie d’Amérique Latine, à savoir l’Argentine, dont le PIB a plongé de 6,6% au cours des cinq derniers trimestres.

L’Argentine s’enfonce dans une nouvelle récession, déjà entamée depuis 5 trimestres.

Conséquence logique de cette nouvelle « descente aux enfers », la devise argentine oscille entre 42 et 45 pesos pour un dollar. Faut-il rappeler qu’un dollar valait 10 pesos en 2015 et 1 peso en 2001 ?! De quoi rappeler, s’il en était nécessaire que les devises des pays émergents sont à manier avec une extrême précaution…

Et ce d’autant que le Brésil et l’Argentine ne sont pas les seuls pays « émergents » à connaître une baisse de leur PIB. Il faut y ajouter l’Afrique du Sud, le Chili, la Colombie, la Corée du Sud, la Lettonie, Malte, le Mexique, la Russie, Singapour et la Turquie. Même s’ils ne sont plus considérés comme émergents, l’Italie et la Norvège viennent compléter ce triste peloton des pays ayant subi une baisse de leur activité au cours des derniers trimestres.

Quatorze pays d’envergure ont déjà commencé à subir une baisse du PIB, dont quatre une récession.

Une fois encore, il ne sert à rien de se voiler la face : ne pouvant plus compter sur un dynamisme massif de ses habituelles locomotives « émergentes », la croissance mondiale est vouée à poursuivre le ralentissement qu’elle a déjà commencé en 2018. Autrement dit, même si nous maintenons notre prévision de croissance du PIB international de 2,8% pour 2019, il faut bien comprendre qu’il s’agit là d’une prévision optimiste…


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