La Chine se prépare à des sanctions de la même ampleur que celles imposées à la Russie!

5,5 %
La Chine vise une croissance de 5,5% pour 2022.

La lettre STRATEGIES du mois d’avril consacrée à l’immobilier est en ligne. J’y développe une approche très différente où je démontre que cette fois-ci il est fort probable qu’une baisse importante de l’immobilier ne proviendra pas d’une hausse des taux mais d’autres facteurs que l’on peut parfaitement identifier et anticiper. Mieux, il ne devrait pas y avoir une baisse généralisée mais la coexistence de mouvements baissiers et haussiers. Je vous explique tout cela dans ce dossier Stratégies à lire impérativement si vous êtes détenteur d’immobilier ou si vous souhaitez investir. Le dossier est accessible dans vos espaces lecteurs ici. Pour vous abonner tous les renseignements sont ici.

Passons maintenant au plus important à savoir cet article de Libération (source ici) qui revient sur les préparatifs chinois concernant d’éventuelles sanctions qui les toucheraient et qui seraient similaires à celles qui touchent la Russie.

« Selon le « Financial Times », Pékin évaluerait l’impact de sanctions économiques similaires à celles infligées à la Russie

« Le quotidien britannique affirme que des dignitaires chinois auraient rencontré les représentants de banques nationales et étrangères pour se parer à d’éventuelles sanctions économiques comparables à celles subies par la Russie. En cas de conflit avec Taiwan ?

Que manigance donc la Chine derrière sa neutralité de façade dans le conflit opposant l’Ukraine à son « ami » russe ? De par son partenariat stratégique avec Moscou, elle ne peut se résoudre à condamner l’invasion lancée par Vladimir Poutine le 24 février – et que Pékin qualifie «d’opération militaire spéciale», reprenant la rhétorique du Kremlin. Mais tétanisées à l’idée que leur pays ne devienne une victime collatérale des sanctions américaines et européennes, les autorités chinoises mesurent chacune de ces prises de parole sur le conflit. Une aide humanitaire a même été fournie à l’Ukraine début mars.

La Chine aurait même anticipé d’éventuelles mesures de rétorsion économique. Selon le Financial Times, des responsables de la Banque populaire de Chine (la banque centrale chinoise) et du ministère des Finances se seraient réunis le 22 avril avec des représentants de plusieurs banques nationales et internationales. Au cours de cette assemblée, les dignitaires chinois auraient discuté de la manière dont ils pourraient protéger les actifs du pays à l’étranger contre les sanctions américaines similaires à celles imposées à la Russie. ».

La réalité c’est que la Chine sait très bien ce qu’il l’attend lorsque Pékin ne voudra plus obéir aux oukases américains. La punition comme celle reçue actuellement par la Russie et cela fait des années que la Chine s’inquiète de l’approche de l’extraterritorialité américaine. Pour aller plus loin, dès 2007 Hongbing Song publie un ouvrage en mandarin appelé « la guerre des monnaies ». Peu importe ce que vous penserez de cet ouvrage ou ce que vous entendrez dessus, il a été vendu à des millions d’exemplaires en Chine, tous les membres influents du PCC l’ont lu et il a fortement imprégné la pensée chinoise et surtout la méfiance de Pékin à l’égard de la finance mondiale ce qui veut de la finance américaine.

Les Chinois savent très bien ce qu’il va se passer. 

Et le journal Libération pense encore qu’il pourrait-être difficile « pour les Etats-Unis d’imposer des sanctions massives contre la Chine ». Et d’ajouter, fataliste, que « ce serait comme si ces deux pays se détruisaient au cours d’une guerre nucléaire ».

Le mobile n’est pas la croissance mais la domination.

Le mobile n’est plus la croissance économique pure, mais la lutte pour les dernières ressources naturelles et la manière de les partager.

Encore une fois la Chine n’a pas besoin des excédents occidentaux et des 3 200 milliards de dollars de réserves. Les Chinois savent depuis bien longtemps qu’ils seront perdus, mais retenez bien ceci :

Si pour Henri IV, Paris valait bien une messe, Taïwan vaut bien 3 200 milliards de dollars de monnaie de singe.

Les Chinois n’ont pas besoin, dans le monde qui vient, de dollars qui ne valent rien, mais de matières premières, de blé, de céréales et d’énergie. La Russie possède tout cela et ce sera bien plus important que tous les excédents en dollars alors que la FED comme la BCE impriment chaque jour toujours plus de billets.

Les analystes raisonnent comme si nous avions des choses à offrir à la Chine.

Retenez ceci.

Nous n’avons rien à offrir à la Chine.

Rien.

Nous vivons dans l’illusion de la force alors que nous sommes nus et même incapable de produire suffisamment de godasses pour chausser notre population.

Libération explique aussi doctement que la Chine ne pourrait pas se passer de SWIFT, vous savez le système de paiement interbancaire, alors que c’est la Chine qui actuellement aide la Russie techniquement pour assurer la continuité de ses systèmes de paiements internes.

La Chine confine des centaines de millions de ses concitoyens pour ce qui est aujourd’hui une grippe qui fait très peu de victimes et ferme toutes ses productions ou presque à l’occident nous annonçant de terribles pénuries dans les semaines qui viennent.

La Chine semble se tirer une balle dans le pied économique !

Rien n’est plus faux.

La Chine ne craint rien, car la Chine peut tout produire et c’est la Chine qui nous permet de réaliser l’essentiel de notre PIB !

L’erreur d’appréciation de la situation est ici majeure.

La Chine va récupérer Taïwan. Nous sanctionnerons la Chine. Nous marcherons nus pieds pendant quelques années.

Un nouveau rideau de fer s’abattra sur la planète.

Nous ferons un immense bond en arrière.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.

Préparez-vous !


A découvrir

Charles Sannat

Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l'Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.

Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com

Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.