Chômage : les profils des demandeurs d'emploi correspondent peu à la demande

22,4 %
22,4 % des chômeurs sont des ouvriers qualifiés, alors même que cette
catégorie concentre seulement 12,1 % des besoins en main-d'oeuvre.

Si le taux de chômage est si élevé en France, ce n’est pas vraiment parce qu’il n’y a pas assez de postes à pourvoir, mais parce que la qualification de la main-d’œuvre disponible correspond rarement aux besoins des entreprises, apprend-t-on d’une étude du Crédoc.

La France manque d’ingénieurs et d’ouvriers agricoles mais a trop d’ouvriers qualifiés

L’étude du Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Crédoc) révèle que les ingénieurs et cadres représentent seulement 5,9 % des chômeurs mais 9,1 % des besoins des entreprises. Une situation similaire s’observe chez les ouvriers agricoles : ils représentent seulement 2,1 % des chômeurs mais 12,4 % des besoins des entreprises. Dans certains cas, au contraire, le nombre de chômeurs excède largement l’offre d’emplois disponibles, comme c’est le cas chez les ouvriers qualifiés (22,4 % des chômeurs et 12,1 % des besoins).

Tous secteurs confondus, 32 % des projets de recrutement sont considérés comme difficiles par les employeurs. En haut du palmarès figurent les professions médicales : les vétérinaires (72,4 % des projets de recrutement estimés difficiles), les médecins (70,5 %), les dentistes (63,5 %) et les pharmaciens (50 %). Il est également difficile de recruter des ingénieurs et cadres des télécommunications (66,2 %), des ingénieurs, cadres et responsables informatiques (61 %), des cadres dans le secteur des transports (55,8 %) et des agents immobiliers (53,1 %).

Les écarts les plus prononcés s’observent dans le nord et l’est de la France, ainsi que dans l’agglomération parisienne

Les disproportions les plus prononcées entre l’offre et la demande sur le marché du travail s’observent en Ile-de-France, ainsi que dans le nord et l’est de la France. Pour les ingénieurs et les cadres, des disproportions existent dans une région sur deux.

D’après les auteurs de l’étude, ces écarts s’expliquent par le vieillissement de la population (pour les métiers de la santé) et par la digitalisation de la société (pour les ingénieurs en télécom et informatique).

L’« Étude de l’adéquation des besoins en main-d’œuvre avec les qualifications de la population active » a été réalisée par le Crédoc à partir de l’enquête Besoins en main-d’œuvre (BMO) réalisée pour Pôle emploi et des données du recensement de l’INSEE.


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