Plus de 10% de chômage fin 2020 en France

22,6 %
Ena vril 2020, le nombre de chômeurs de catégorie A a augmenté de
22,6%.

Alors que le gouvernement avait annoncé pendant des années, et en grande pompe, son objectif d’un chômage sous la barre des 7% à la fin du mandat d’Emmanuel Macron, le coronavirus Covid-19 est passé par là. Tout espoir de baisse du chômage est abandonné, de l’aveu même de Muriel Pénicaud, ministre du Travail, qui était l’invitée de BFM Business le 2 juin 2020.

Les 7% de chômage, « ce n’est plus possible »

Muriel Pénicaud a été claire : « on avait les clignotants verts pour aller vers les 7% » avant la crise. Mais la crise étant survenue, « ce n’est plus possible ». La hausse du taux de chômage en France est inéluctable, la question principale pour le gouvernement reste désormais de la minimiser le plus possible. Un échec et un coup dur : en début d’année 2020, le taux de chômage était historiquement bas, à 8,1%, du jamais vu depuis 2009 après la crise économique liée aux subprimes ; désormais, le gouvernement s'attend à dépasser les 10% à la fin de l'année.

« Le sujet va être de limiter la hausse du chômage », a-t-elle expliqué, sous-entendant donc qu’elle aura bien lieu. Il faudra attendre la stabilisation de la situation après le confinement pour connaître exactement la teneur de la crise, mais les données du ministère du Travail publiées le 28 mai 2020 en donnent un premier aperçu.

On comptait, en France fin avril 2020, donc en plein confinement, 4,5 millions de chômeurs de catégorie A, le record absolu depuis 1996 et la mise en place des statistiques. Sur un an, la hausse a été de 22,6%.

Relance de la consommation et capitalisation sur les jeunes

Pour limiter l’augmentation du chômage en France, le gouvernement a deux pistes principales. De toute manière, Muriel Pénicaud n’a pas laissé de doutes : « on s’attend à des défaillances d’entreprises et des licenciements ».

Le gouvernement espère donc en premier lieu que la consommation, moteur économique français, reparte de plus belle : les Français ont fortement économisé durant le confinement, plus de 50 milliards d’euros, et Muriel Pénicaud a déjà appelé à « consommer » cette épargne. Mais les Français sont frileux : ils préfèrent avoir des réserves pour faire face à la crise.

De l’autre côté, la ministre du Travail appelle les entreprises à faire des efforts et à capitaliser sur la jeunesse : « Mon message aux entreprises c'est "on vous a aidé, aidez le pays en formant des jeunes" », a-t-elle déclaré sur BFM Business. Dans le plan du gouvernement, l’apprentissage se confirme donc comme un axe prioritaire… mais il va falloir des entreprises en bonne santé pour que les jeunes apprentis diplômés puissent trouver du travail.


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