Chômage : seule une moyenne trimestrielle sera publiée

1,8 %
En septembre 2017 les chômeurs de catégorie A ont baissé de 1,8 %.

C’est une tradition des médias depuis quelques années qui va se terminer en 2018 : l’analyse mensuelle des chiffres du chômage. Le ministère du Travail publie en effet tous les mois les chiffres du chômage de Pôle Emploi ce qui ne manque pas d’être fortement commenté : hausse, baisse, calcul des différences… Ce temps est révolu : le gouvernement en a marre.

Des données publiques mais discrètement mises sur Internet

Le gouvernement et Pôle Emploi ont annoncé la fin de la publication mensuelle des chiffres du chômage le jeudi 9 novembre 2017. La nouvelle formule sera lancée dès 2018 ce qui devrait permettre au gouvernement d’éviter quelques mauvaises surprises dans les médias : il faut dire que dès lors qu’il y a une hausse l’image du gouvernement est écornée car la baisse du chômage reste une priorité.

En 2018, donc, ce ne seront que des statistiques trimestrielles, et plus précisément des moyennes, qui seront publiées en grande pompe et commentées par le ministère du Travail. Mais les chiffres mensuels seront tout de même disponibles : ils seront mis en ligne sur Internet, malgré tout, mais ne feront pas l’objet d’un communiqué de presse ou d’une analyse de la part de la Dares et du ministère du Travail.

L’obligation de regarder une évolution sur le trimestre

La décision du gouvernement ne manquera pas de créer une polémique : elle pourrait être interprétée comme la volonté de cacher des problèmes. Mais il y a également une bonne raison pour passer d’une publication mensuelle à une publication trimestrielle.

L’Insee et la Dares estiment en effet que l’évolution du nombre de chômeurs sur un mois n’est pas parlante : elle peut être liée à des paramètres temporaires comme une période de forte activité (par exemple Noël) ou une période de stagnation. Les vacances scolaires jouent également sans compter les possibles bug chez Pôle Emploi au niveau des réinscriptions. Les chiffres ne sont pas fiables d’un mois sur l’autre et Pôle Emploi a toujours conseillé de prendre en compte en priorité l’évolution sur trois mois.

En ne publiant les chiffres qu’une fois tous les trois mois, tout en les laissant accessibles, le gouvernement contraint donc la presse à analyser une tendance de fond plus qu’une évolution ponctuelle.

Il y a toutefois un revers de la médaille : le risque de n’avoir que des publications montrant un chômage en hausse. Par exemple, en septembre 2017, le nombre total de chômeurs a augmenté de 66 100 personnes sur un an.


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