Chômage partiel : une fraude massive de la part des entreprises ?

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Selon la CGT, 25% des entreprises ont fraudé au chômage partiel.

Le dispositif exceptionnel de chômage partiel mis en place par le gouvernement pour faire face à la crise du Covid-19 a-t-il été l’occasion, pour des entreprises peu scrupuleuses, de frauder massivement ? L’inquiétude monte et Bruno Le Maire a promis, le 30 mai 2020, des sanctions. Car la fraude pourrait être massive.

La fraude au chômage partiel est très facile…

La crise du Covid-19 a eu deux conséquences majeures sur le monde du travail en France : la mise en place massive du chômage partiel, pris en charge à 100% par l’État jusqu’au 1er juin 2020 et à 85% par l’État depuis, et le développement du télétravail. Un mode de travail qui ne concerne toutefois qu’une partie de la population, essentiellement les cadres, dont les tâches sont dématérialisées : cloud, accès distant, téléconférence et, surtout, Internet ont été leurs outils.

Sauf que cette possibilité aurait tenté de nombreuses entreprises : pourquoi ne pas faire télétravailler les salariés en chômage partiel ? Ainsi, le travail serait effectué, mais le salaire, lui, pris en charge par l’État. Une fraude simple à mettre en place qui aurait été massivement exécutée en France selon les syndicats.

24% des salariés en chômage partiel auraient travaillé…

Les chiffres sont plutôt concordes : Philippe Martinez, à la tête de la CGT, estime que 25% des entreprises ayant bénéficié du chômage partiel auraient fraudé et fait travailler leurs salariés de chez eux. Et Le Monde relate, le 26 mai 2020, qu’une enquête du cabinet Technologia menée auprès de 2.620 responsables syndicaux dévoile que 24% d’entre eux estiment que les salariés en chômage partiel ont malgré tout travaillé aux frais de l’État. Selon le site LutteVirale de la CGT Ingés Cadres Tech, qui a mené sa propre enquête, 31% des salariés en chômage partiel ou en arrêt maladie disent avoir travaillé, dont 10% souvent voire « tout le temps ».

Le chômage partiel a coûté 24 milliards d’euros à l’État. Si la fraude est aussi massive que les syndicats le soutiennent, elle pourrait donc se chiffrer à plusieurs milliards. Pas étonnant que Bruno Le Maire s’inquiète et promette des sanctions.


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