Les cigarettes électroniques restent un marché opaque

63 %
Selon l'étude de l'Anses, 63% des vapoteurs sont également fumeurs.

Souplesse du cadre législatif oblige, les autorités sanitaires ignorent toujours la composition d’une partie considérable des liquides de vapotage présents sur le marché, nous apprend l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).

Les e-liquides sans nicotine, un marché qui échappe à la régulation

Substances classées cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction (CMR), vitamines et autres substances en lien avec un effet bénéfique sur la santé, caféine, taurine et substances à effet stimulant, substances conférant un arôme clairement perceptible différent du tabac, colorants de la fumée, substances facilitant l’absorption de nicotine... la liste des additifs interdits dans les produits à fumer est longue.

Mais, problème : s’agissant des produits de vapotage ne contenant pas de nicotine, les autorités sanitaires ne sont même pas en mesure de contrôler leur absence ou présence. Et pour cause : les fabricants de produits sans nicotine ne sont pas obligés d’informer l’Anses de leur composition. Et même temps, le marché est de taille : selon une étude de l’Anses, 35% des vapoteurs consomment des e-liquides non-nicotinés.

La fabrication artisanale d’e-liquides, autre domaine à risque

L’Anses n’est pas non plus en mesure de contrôler les e-liquides fabriqués par les consommateurs de manière artisanale. Et là aussi, le nombre de consommateurs concernés est considérable : 40% des vapoteurs déclarent en effet fabriquer leur e-liquide eux-mêmes. Si la majorité d’entre eux (deux tiers environ) choisissent d’acheter les ingrédients en grande quantité et les mélanger eux-mêmes, c’est parce que cela revient beaucoup moins cher.

Quant aux e-liquides sur lesquels l’Anses a de la visibilité (soit les e-liquides nicotinés), la composition des produits vendus en France est globalement conforme. Seuls quelques rares cas de produits contenant des additifs interdits (vitamines et substances aux propriétés cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction) ont été notifiés.


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