La Commission Européenne envisage une classification verte pour le gaz et l'énergie nucléaire dans le cadre de la taxonomie européenne

77 %
Le nucléaire représente 77% de la production d'énergie électrique en
France.

Nous sommes convaincus que les programmes de la Commission Européenne ne changeront pas la perception des investisseurs traditionnels qui sont à la recherche de produits d'investissement durables

Aujourd'hui, le consensus des investisseurs durables considère l'énergie nucléaire comme un critère d'exclusion de leurs produits durables, tout comme pour le charbon, le pétrole ou tout combustibles fossiles, y compris le gaz. Les seuils de 5 à 10 % sont normalement fixes. Jusqu'à présent, nous n'avons observé aucun signe de la part de nos clients indiquant que ce cadre allait changer considérablement

Quelque que soit le résultat de la régulation, il se pourrait que les gérants doivent rendre compte d’un pourcentage à deux niveaux (avec et sans contribution gazière et nucléaire), simplement pour rester transparents à l’égard de leurs clients et leur laisser la possibilité de choisir ce qui est « vert ». Cela est également crucial pour ne pas saper la confiance dans l'ensemble du concept de transparence du règlement SFDR (Sustainable Finance Disclosure Regulation).

Un point positif de cette proposition controversée est qu’elle ouvre le débat sur les difficultés actuelles et la période de transition délicate jusqu’à ce que les énergies renouvelables (sans gaz naturel ni énergie nucléaire) soient capables de couvrir totalement les besoins.

Dans ce contexte, nous continuons de chercher des investissements dans des services d’électricité présentant une stratégie de transition écoresponsable. Il s'agit, à notre avis, de canaliser la plupart des investissements (CAPEX) vers de nouvelles capacités renouvelables, tout en maintenant les centrales classiques (principalement gaz et nucléaire, face au charbon dans un premier temps) opérationnelles, aussi longtemps que nécessaire pour une région donnée.

Par conséquent, nous pensons que le débat devrait porter davantage sur la planification d'une période d'élimination significative et sûre des centrales nucléaires plutôt que sur les investissements dans de nouveaux projets longs et coûteux. Les résultats interviendraient de toute façon trop tard pour nous aider à surmonter certains goulets d'étranglement actuels. Peut-être que quelques projets de centrales à gaz comme renforts face au pic de la demande d'électricité sont les seuls investissements qui pourraient avoir du sens, peut-être en combinaison avec le captage, l'utilisation ou le stockage du carbone.

D'un point de vue économique, nous n'avons aucun doute sur le fait qu'il n'y aura pas de relance de l'énergie nucléaire. Le potentiel de réduction des coûts et les évolutions possibles de l'électricité solaire et éolienne (même avec une meilleure gestion des batteries et de l'énergie) sont trop importants. La réalisation de ces projets est beaucoup plus rapide, de sorte qu'il serait absurde de lancer des investissements couteux et risqués dans le domaine du nucléaire.


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