La Comédie française présente sa saison 2019-2020

96 %
La fréquentation est à la hausse avec un taux de remplissage moyen de
96%, contre 93% en 2018.

La Comédie française vient d’annoncer le programme de sa saison 2019-2020, une institution culturelle incontournable qui ne profite pas qu’aux Parisiens grâce notamment à ses tournées et aux projections dans les cinémas.

Une particularité cette saison : la salle Richelieu étant fermée pour travaux (réfection des cintres) pendant sept mois, la troupe de déplacera de quelques stations de métro pour jouer au Théâtre Marigny, récemment rénové, entre avril et octobre 2020. On pourra donc découvrir, dans la grande salle Richelieu, La Puce à l’oreille de Feydeau, Angels in America de Tony Kushner (deux nouvelles productions), La Vie de Galilée de Brecht (nouvelle production d’Eric Ruf qui va être créer ce mois de juin), et trois reprises, Les Fourberies de Scapin de Molière dans l’excellente mise en scène de Denis Podalydès, Electre/Oreste d’Euripide dans la mise en scène coup de poing d’Ivo van Hove, et La Nuit des rois de Shakespeare qui pâtit d’une esthétique SM et d’outrances faciles du metteur en scène allemand Thomas Ostermeier.

La troupe se déplace au Théâtre Marigny pendant les travaux

Déplacement au Théâtre Marigny ensuite, à partir d’avril 2020, pour une adaptation de Proust avec Du Côté des Guermantes, une nouvelle production du Bourgeois gentilhomme de Molière, et trois reprises de très beaux spectacles avec Le Malade imaginaire de Molière, Le Petit-maître corrigé de Marivaux et Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand. Le Studio Marigny proposera également plusieurs spectacles de plus petit format, ainsi que les habituels Vieux-Colombier et Studio-Théâtre.

Pour réserver, notez bien ces dates dans votre agenda : le 13 juin pour les spectacles de septembre 2019 à mars 2020 (dès le 6 juin pour les détenteurs de la Carte Comédie française, en vente du 3 au 5 juin 2019), et le 23 janvier 2020 pour les spectacles à Marigny à partir d’avril 2020 (dès le 16 janvier pour les détenteurs de la carte).

Mais la Comédie française n’est pas réservée aux Parisiens puisqu’il y aura des tournées et surtout un ambitieux programme de diffusion dans les cinémas avec Pathé Live, en France et à l’étranger. En l’espace de trois saisons, 430.000 spectateurs ont déjà pu en bénéficier ! Et n’oublions pas non plus une dynamique politique d’édition de DVD avec les sorties récentes de Roméo et Juliette de Shakespeare dans la belle mise en scène d’Eric Ruf, du Misanthrope de Molière, de Cyrano de Bergerac de Rostand et, à paraître, L’Hôtel du Libre-échange de Feydeau et 20.000 lieux sous les mers de Jules Vernes, un des grands succès de la maison.

Un taux de remplissage de 96%

La fréquentation est à la hausse avec un taux de remplissage moyen de 96%, contre 93% en 2018. Par contre les recettes propres reculent quelque peu à 36,5% contre 41% l’année dernière, et 36% l’année précédente. Sur 39,02 millions d’euros de ressources, 24,78 millions proviennent de la subvention publique, tandis que 14,24 millions constituent les recettes propres (billetterie, tournées et audiovisuel, mécénat). Il est vrai que les dépenses dites du «théâtre en ordre de marche» (payer les salaires, sans prendre en compte les dépenses artistiques) s’élèvent à 31,03 millions d’euros. La Comédie française compte en effet 457 personnes (salariés permanents et temporaires), parmi elles, 390 sont sous contrat permanent dont 59 comédiens (la troupe), 200 techniciens et 131 administratifs. La troupe ne pèse que 15% du personnel permanent, ce qui semble bien peu… Pourquoi faut-il autant de techniciens et d’administratifs, cela est-il dû à des raisons objectives d’organisation, ou à des pesanteurs liées au statut ? Quoi qu’il en soit, le travail est très bien fait, ne manquez pas de profiter d’un ou plusieurs de ces spectacles.


A découvrir

Philippe Herlin

Philippe Herlin est économiste, Docteur en économie du Conservatoire National des Arts et Métiers, il a publié plusieurs ouvrages chez Eyrolles et rédige des chroniques hebdomadaires pour Goldbroker.

Il écrit tous les vendredis un article sur l'art et la culture vus à travers l'économie, et intervient ponctuellement sur d'autres sujets.

Son site : philippeherlin.com.