Comment le secteur de l'éducation doit-il se préparer à l'année scolaire la plus connectée de l'histoire ?

0,5 %
Moins de 0,5 % des dépenses faites en faveur d'un élève sont dédiées
au numérique.

Cette nouvelle année scolaire promet d’être la plus technologique et connectée de l’histoire. Les élèves qui ont fait leur rentrée sont eux aussi d’une génération bercée dans le numérique.

La génération Y, celle qui a grandi avec les nouvelles technologies, arrive dans l’enseignement supérieur et parallèlement, les enfants entrant dans le primaire ou le secondaire voient ces technologies comme une seconde nature.

Cartables numériques, MOOC, essor de l’apprentissage mixte… les établissements scolaires sont contraints de répondre aux attentes des élèves et étudiants en s’adaptant à l’ère du numérique. Pour cela, les établissements doivent apprendre à innover en matière d’enseignement et d’apprentissage : mais sont-ils préparés à l’explosion des données qui résulte de la numérisation de l’enseignement ?

L’écart est énorme entre les attentes d’une génération connectée et la proposition pédagogique traditionnelle proposée en France. En effet, celle-ci accuse un retard par rapport aux autres pays en matière d’approche numérique donnée à son éducation nationale. D’après les chiffres du Ministère de l’Éducation nationale, moins de 0,5 % des dépenses faites en faveur d’un élève sont dédiées au numérique : c’est six fois moins que la moyenne mondiale. Cependant, la France cherche à combler son retard grâce à la mise en place d’un plan numérique qui vise à équiper l'ensemble des élèves de 5e en trois ans pour un montant d’un milliard d’euros annoncé en 2014. A la rentrée 2016, un quart des collèges et 1.800 écoles ont reçu des équipements numériques mobiles du type tablettes ou ordinateurs, co-financés par les départements.

Dans le même temps, l’offre de nouvelles technologies et d’un apprentissage connecté devient un facteur clé de différenciation pour les universités et les autres établissements d’enseignement supérieur, en particulier à la lumière de la hausse des frais de scolarité qui a touché ces dernières années tous les étudiants, y compris étrangers, lesquels attendent en retour un service de première qualité.

Pour autant le déploiement de l’apprentissage numérique nécessite des changements profonds au sein des établissements scolaires sur le plan humain (conduite de changement, formation des enseignements) mais également technologique avec une infrastructure réseaux adaptée et sa sécurisation ainsi que le déploiement du WiFi. Le matériel éducatif essentiel (ressources pédagogiques, ouvrages de bibliothèque, sujets de devoirs) doit être numérisé et centralisé dans un référentiel appartenant à l’université.

Toutefois, les établissements d’enseignement sont-ils à la hauteur de l’explosion des données découlant de leur numérisation ? La panne informatique et l’indisponibilité de ce matériel pédagogique sont des points noirs qu’il ne faut pas négliger. En effet, il ne suffit plus aux établissements d’enseignement supérieur de mettre à la disposition des étudiants du matériel pédagogique mais bien de le faire en permanence et partout. La disponibilité des applications et données critiques pour les utilisateurs au sein des universités est une condition fondamentale. Les étudiants comme les enseignants demandent une infrastructure informatique plus efficace pour répondre à leurs besoins, qu’il s’agisse de connecter un équipement personnel au réseau du campus ou de télécharger des documents à tout moment et en cas d’interruption.

Pour autant, les établissements scolaires ne sont pas toujours en mesure de garantir la disponibilité de l’apprentissage pour leurs élèves. Cela ne va pas sans poser de problèmes. Sur fond de multiplication des données et des ressources pédagogiques numériques connectées, il importe d’établir une liste des problèmes éventuels et des technologies correspondantes afin d’éviter aux étudiants de se retrouver trop longtemps privés de l’accès à des éléments essentiels. Pour les établissements d’enseignement supérieur, il y a là un potentiel risque financier, leur capacité à attirer de futurs talents pouvant se voir compromise par une piètre réputation sur le plan technologique.

Il en va de même pour les établissements primaires et secondaires, qui doivent mettre en place un mécanisme rapide et fiable pour la protection et la restauration des données des élèves, tout en offrant un accès en temps réel à des services centralisés, notamment les programmes des cours, des documents de recherche et des services en salle de classe. Les établissements scolaires et universitaires doivent donc pérenniser leurs investissements substantiels dans les nouvelles technologies et les ressources pédagogiques numériques. En veillant à ce que celles-ci soient disponibles en permanence ou faciles à restaurer, ils feront en sorte que les activités et le processus d’apprentissage puissent se poursuivre sans interruption.


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