Les compagnies aériennes s'inquiètent de la privatisation des aéroports

31 %
Aujourd'hui, 31 % des aéroports européens sont privés.

Les compagnies aériennes, déjà soucieuses de la hausse des prix du pétrole et des revendications salariales, ont un autre motif d’inquiétude, à savoir la privatisation des aéroports, qui sera inévitablement source de coûts supplémentaires pour les compagnies.

Les compagnies aériennes contre la privatisation des aéroports

Les représentants des 290 compagnies aériennes membres de l’Association internationale du transport aérien (AITA) ce sont réunis le 4 et 5 mai 2018 pour leur assemblée générale à Sydney. Ils ont pu alors aborder le sujet de la privatisation des aéroports dans le monde. Ils demandent aux gouvernements du monde entier de faire attention quant à la privatisation des aéroports et d’imposer des conditions restrictives afin de protéger les intérêts et le bien-être des clients. Ils demandent aux États de ne pas penser à un gain économique à court terme, mais de voir sur le long terme.

Les compagnies dénoncent l’attitude des gouvernements à chercher, en privatisant les aéroports, de gros bénéfices à court terme sans penser à une politique à long terme et d’investir correctement dans les dispositifs et capacités des aéroport pour prévoir l’augmentation des demandes qui doubleront dans les vingt prochaines années. « Nous vivons une crise sur le plan de la capacité. Et nous ne voyons pas les investissements nécessaires dans les infrastructures aéroportuaires qui permettraient de régler le problème. Les gouvernements s’efforcent de bâtir rapidement. Mais avec le manque de ressources financières, plusieurs cherchent des solutions auprès du secteur privé. Nous avons besoin de plus de capacités aéroportuaires. Mais il faut être prudent. Il est erroné de croire que la privatisation offre une solution magique », explique Alexandre de Juniac, le directeur général de l'IATA.

Les aéroports privés coûtent plus cher aux compagnies et aux passagers

Les redevances des aéroports privés sont automatiquement plus élevées et les taxes aéroportuaires sont évidemment incluses dans les prix des billets d'avion. Les aéroports privés sont donc par nature plus coûteux que les aéroports publics. Par exemple, « le coût médian d'un demi-tour pour un A320 est 12% plus élevé sur un aéroport privé que sur un aéroport 100 % public », a expliqué Brian Pearce. Selon l’AITA, les aéroports privés, en plus des coûts plus élevés ne sont pas forcément d’une meilleure qualité ni d'une meilleure efficacité. « Les aéroports privés se distinguent des aéroports publics par des profits également supérieurs, mais aussi par une efficacité opérationnelle qui n'est pas meilleure, en raison de l'absence de concurrence des aéroports et d'une régulation inefficace », explique l’IATA. Les aéroports à capitaux privés ont des bénéfices plus élévés que ceux des aéroports publics, une marge nette d'environ 25 % en moyenne, alors que qu'elle est à 10 % pourles aéroports pulics.

Monsieur de Juniac accuse les gouvernements et juge « inacceptable que les normes mondiales soient ignorées par les gouvernements qui les ont eux-mêmes créées ». Il déclare qu’il faut mettre « les gouvernements aux travails » et cite plusieurs exemples pour appuyer ses propos, comme le fait que l’Inde impose des taxes sur les billets internationaux, ce qui est contraire aux résolutions de l’OACI. Ou le fait qu’après deux décennies après l’adoption de la Convention de Montréal en 1999, dont les mesures de modernisation ne s’appliquent que dans 130 pays, ne soit toujours pas ratifiée un universellement. Ou que plus de 37 % des États n’arrivent pas à résoudre les problèmes de sûreté soulevés dans l’Annexe 17 de la convention de Chicago établissant des exigences de sûreté.

Aujourd’hui en Europe les aéroports comptant des acteurs du domaine privé sont 31 %. Dans le monde, les aéroports avec des acteurs privés représentent 14 % des aéroports et accueillent 40 % du trafic mondial aérien.


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