Confinés ! Les conséquences économiques

11 %
Bercy s'attend à une récession de 11% en France en 2020.

Confinés.

Enfin, confinés, c’est vite dit.

Vous aurez le droit d’aller travailler.

Vous aurez le droit d’emmener vos enfants à l’école.

C’est pas un confinement de salariés, mais un confinement de patrons, si vous voyez ce que je veux dire !

Cela dit, éviter l’effondrement économique n’est pas franchement une mauvaise idée, je dirais même que ce n’est pas une option mais une obligation.

Pourtant, je pense que nous ne sommes pas (encore) au bout de nos surprises.

Nous allons fermer bars et restaurants, parfait. Nous allons fermer les commerces non essentiels. Parfait. Pas pour eux bien évidemment, mais pour lutter contre le virus.

Sauf, que nous avons deux trous béants dans la raquette sanitaire.

Si ce virus nécessite de faire tout ce que nous faisons, alors les réfectoires des cantines scolaires chez les lycéens et les collégiens vont finir par poser de terribles problèmes de même que les cantines des entreprises qui sont avant tout d’immenses restaurants… sans masque ! Nous revenons au point de départ.

Macron pour des raisons sociales évidentes et aussi psychologiques veut maintenir les écoles ouvertes. En fonction de la dynamique épidémique des prochains jours, il est fort possible que l’on se retrouve contraint de réduire drastiquement l’accès aux écoles et aux entreprises.

Oui, pour le moment on tente un confinement qui ne confine pas à l’arrêt total de l’économie.

Il y a encore une semaine, parler de reconfinement comme je le faisais était suffisant pour vous faire traiter de fou qui n’avait rien compris à cette épidémie qui n’existe pas !

Aujourd’hui, on ne parle pas de fermetures des écoles.

Demain rien n’est moins sûr ni certain.

Les conséquences économiques immédiates (prochains jours et semaines)

Baisse des marchés et des bourses.

Le pétrole vient de perdre 4 %, et la situation semble similaire à celle de mars mais en plus doux.

Chômage partiel massif à très court terme pendant ces quelques semaines et d’ici la fin de l’année. Parfait.

Mesures de soutien d’urgence aux indépendants. Parfait. Quelques milliers d’euros seront versés à ceux qui en ont le plus besoin. Parfait.

Mais… à la sortie et au prochain déconfinement, il y aura encore plus de casse car bien évidemment, beaucoup de commerces non essentiels qui seront fermés alors que les écoles resteront ouvertes, vont mourir. Il est difficile de résister à une fermeture. Il est presque impossible de résister à deux fermetures, sauf à ce que l’Etat compense totalement ou presque le manque à gagner.

Comment les banques vont-elles distribuer les futurs « nouveaux » PGE, ces prêts garantis par l’Etat ? Qui va payer l’addition ? Les banques prennent 10 % du risque des PGE, un PGE ça va, mais deux PGE bonjour les dégâts !

Nous allons avoir énormément de faillites d’entreprises au premier semestre 2021. Souvenez vous de cette étude dont je vous avais fait part ci-dessous !

Plus de 50 % des PME européennes menacées de faillite

Augmentation du chômage, hausse de la précarité, hausse de la misère, hausse des tensions sociales, raison pour laquelle Macron a insisté pendant son discours sur la nécessaire solidarité et l’entraide des vrais gens par et pour les vrais gens.

Conséquences à moyen terme (prochains mois)

Effondrement du PIB de 3 à 5 % supplémentaire en… moins !

Hausse vertigineuse du déficit public déjà très mal en point. Vous vous souvenez du cela va coûter 0.1 point de croissance à la France de notre mamamouchi Bruno le Maire préposé à l’économie ?

Vous avez même la vidéo avec JJ Bourdin et le tweet de l’époque… un collector !

« Blague du jour. Bruno Le Maire estime les impacts économiques du coronavirus » L’édito de Charles SANNAT

Cette hausse du déficit c’est une hausse de la dette puisque la dette est égale à la somme des déficits à laquelle il convient de rajouter les intérêts cumulés qui portent eux-mêmes intérêts sur les intérêts, pour le plus grand intérêt des financiers de la finance mondiale, vous savez « notre ennemi sans visage », et pour notre plus grand malheur à tous.

Les conséquences à long terme (deux prochaines années).

Crise politique majeure en Europe quand il faudra se mettre d’accord sur qui paye quoi et comment. Non, excusez-moi.

Je me suis trompé.

Il faudra se mettre d’accord pour savoir comment ne pas payer !

Si c’est un effacement de dettes collectif, tout se passera bien. Sinon, cela peut signifier la fin de la zone euro.

Dans tous les cas, nous aurons une crise de la dette des Etats, une crise monétaire, et la refonte du système monétaire international.

Ce sera compliqué et pas franchement ni simple, ni fluide.

Beaucoup seront ruinés dans les deux prochaines années.

En dehors des guerres, jamais, jamais nos économies ont subi de tels chocs. C’est tout simplement historique…

Et ce n’est pas fini.

Vous avez aimé confinement 1, confinement 2… il y aura aussi confinement 3, ma boule de cristal est formelle. Je vous en reparlerai.

Bon courage à chacun et malgré les tensions, tâchons d’être, en toutes circonstances, le plus bienveillant à l’égard des autres puisque les nerfs de tous sont mis à rude épreuve.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !


A découvrir

Charles Sannat

Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l'Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.

Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com

Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.